Blida - Revue de Presse

Blida PME / PMI, le privé en force



Après la déliquescence constatée de l'outil de production public qui est devenu un grand avaleur de budgets de plus en plus énormes et que l'Etat a pris la décision d'opter pour l'économie de marché en se dégageant totalement des entreprises, il était tout à fait naturel que le secteur privé prenne la relève et retrouve la place qui est la sienne dans ce genre d'économie.  Même si ce secteur est resté longtemps confiné dans des recoins sombres et tenu en laisse par une bureaucratie asphyxiante et irrationnelle, nos industriels et hommes d'affaires ont montré une aptitude certaine à s'adapter à la donne actuelle, face à une mondialisation galopante sans pitié pour les retardataires. Comme le rapport de force était inégal de par le retard énorme pris par l'Algérie dans le domaine technologique et même managérial, il était évident que les industriels algériens étaient - et sont toujours - obligés de se regrouper en centres d'intérêt, d'un côté, et d'essayer de trouver des partenaires étrangers pour acquérir le savoir-faire et la technologie nécessaires à toute relance du secteur économique.  Nous ne pouvons pas oublier que l'Algérie n'a pas encore les capacités d'exporter autre chose que les hydrocarbures qui en représentent 99 % et nous nous devons d'essayer au moins de ne plus dépendre des importations pour tout ce que nous consommons. Le secteur productif algérien a longtemps pâti de la mauvaise qualité légendaire des produits locaux dont surtout la finition, faute de concurrence et de contrôle, était approximative.  Pour remonter la pente, il a fallu beaucoup de courage et de sacrifices aux entreprises privées, confrontées maintenant à une concurrence féroce et souvent déloyale de la part des multinationales qui ont trouvé en Algérie un formidable marché où tout se vend. Même les produits de mauvaise qualité trouvent preneur en l'absence d'une culture de consommation basée sur le choix du meilleur, avec des garde-fous de la part des associations de consommateurs. Pour y faire face, l'obligation de se serrer les coudes est vite apparue pour les industriels et entrepreneurs algériens qui se sont rassemblés en un club - le CEIMI (Club des entrepreneurs et industriels de la Mitidja). Dans un premier temps et après sa naissance en 1998, le Club a réuni en son sein les industriels et entrepreneurs de la wilaya de Blida essentiellement. A partir de 2002, le CEIMI est devenu national et compte actuellement 576 adhérents de l'ensemble du territoire national et qui représentent les secteurs de l'agro-alimentaire, les BTP, le plastique et caoutchouc, la mécanique et sidérurgie, la chimie cosmétique et enfin les prestations et services. Le chiffre d'affaires global représenté par le Club est de 191,51 milliards de dinars et le nombre d'employés dépasse les 32.000.  Ainsi, et dans ce contexte, les industriels algériens, au lieu de se présenter en rang dispersé, donc en position de faiblesse, disposent d'une force commune qui défend leurs intérêts et, partant, ceux du pays. Le président du CEIMI, M. Taïeb Ezzraïmi, a, dans une de ses déclarations, affirmé que: «Nous nous positionnons comme une force ambitionnant de promouvoir sa vision du développement socio-économique de l'Algérie, et plus particulièrement celle de la PME/PMI».  Ainsi, et en plus des parts de marché qu'a réussi à arracher le secteur privé algérien des mains des multinationales en présentant des produits de plus en plus compétitifs, il ambitionne de conquérir le marché international, même modestement, et ceci afin de promouvoir les exportations hors hydrocarbures, d'un côté, et de construire des partenariats durables, basés sur des intérêts communs bien définis. D'ailleurs, il n'y a qu'à se rappeler les 42 entreprises privées algériennes qui ont participé, il y a deux semaines, à la foire internationale de Chicago aux Etats-Unis d'Amérique. Plusieurs contrats y ont été signés, comme par exemple Aqua-SIM (ex-EMA Mouzaia) qui a décroché deux marchés de livraison d'eau minérale à deux pays arabes. En plus de cela, c'est surtout l'acquisition des technologies de pointe et de savoir-faire qui sont le but des entreprises algériennes obligées de se mettre au diapason mondial, faute de quoi elles seront appelées à disparaître, face à la concurrence des entreprises étrangères. D'ailleurs, il ne faut pas perdre de vue qu'avec la disparition presque complète des entreprises étatiques, le rôle du secteur privé devient non seulement économique mais aussi social, puisqu'il sera, avec l'administration, un grand pourvoyeur d'emplois. Si nous nous reportons au niveau national, l'intérêt du secteur privé apparaîtra mieux, puisque pour la PME, le rapport entre les deux secteurs, privé et public, est sans aucune mesure: il y a des milliers de PME privées contre... 849 du secteur étatique ! Pour ce qui est des effectifs de la première catégorie, ils sont de 924.746 employés contre 70.241 pour les PME publiques.  Parmi les activités du CEIMI tendant à valoriser le patrimoine humain et matériel des entreprises privées algériennes afin de les rendre plus compétitives, nous noterons la signature, le 20 mars 2007, d'une convention de partenariat avec GTZ (Allemagne), qui a pour but l'appui aux associations professionnelles et organisations patronales des PME et de l'artisanat, dans l'élaboration et le suivi de leurs plans d'action et de travail, ainsi qu'une autre convention avec la Société financière internationale (SFI) tendant à renforcer les capacités du CEIMI et le développement de nouveaux services, notamment la formation pour la promotion des aptitudes managériales des gestionnaires des PME. Ce programme de formation couvrira 14 thèmes, et s'étalera de mars à décembre 2007.  Cette tendance «privé» est apparue encore plus lors des dernières foires internationales tenues à Alger ou même à l'étranger, ce qui s'est traduit par la signature de nombreux contrats de partenariat, de représentations ou même d'association. Il reste que les chefs d'entreprises algériens espèrent toujours une aide conséquente de l'Etat, surtout en ce qui concerne les facilités dans l'acquisition des terrains d'assiette pour la réalisation de leurs projets à venir et aussi une diminution des charges fiscales et sociales.
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