Nous avons beaucoup écrit et parlé de la mendicité ‘professionnelle' à travers toutes les villes d'Algérie, aussi bien de la part des Algériens que de la part de migrants (surtout africains et syriens) mais il semble que ce phénomène prend plutôt de l'ampleur et une tournure plutôt dramatique pour des centaines d'enfants âgés entre 1 et 12 ans. Ces enfants sont emmenés par des adultes qui les présentent pour leurs enfants (est-ce vrai ') au niveau des marchés, des mosquées et de certains endroits à grande affluence comme les marchés, les bureaux de poste et même les administrations. Si dans la plupart de ces endroits la mendicité se pratique durant le jour, au niveau des mosquées c'est jusqu'à la prière de l'Icha, maintenant aux environs de 21h puisque les mendiants attendent la sortie des fidèles pour demander l'aumône. Les bébés entre 1 et 5 ans sont couchés à même le sol, enveloppés dans des couvertures élimées, sales et turbulents alors que ceux un peu plus âgés sont mis à contribution pour implorer les citoyens qui sortent de la mosquée. Pas plus tard qu'avant-hier, au sortir d'une mosquée après la prière de l'Icha, une fillette d'à peine sept ou huit ans s'égosillait à demander l'aumône auprès des fidèles. Après que sa ‘mère' ait expliqué d'une voix sanglotante qu'elle était veuve et en charge de plusieurs enfants et qu'elle était sans aucun revenu, c'est la fillette qui prit le relai et qui disait: «s'il vous plait vous mes frères les croyants, je vous jure que nous n'avons personne pour s'occuper de nous, aidez-nous, Dieu vous le rendra au Paradis », des paroles d'adultes qui lui ont été inculquées et qu'elle récitait d'une voix forte, incommodant même ceux qui n'avait pas terminé leur prière. Au-delà de tout cela, c'est la petite fille qui fait vraiment pitié, au lieu de se retrouver au chaud chez elle, elle était en pleine nuit dehors, sans manger pendant de longues heures, fatiguée et déguenillée pour les besoins de la ‘cause'. Quel avenir a cette enfant, obligée de demander l'aumône, sans retenue, croyant que c'était là le moyen de survivre.Toute la société est interpellée, à commencer par les services sociaux, les associations, les autorités locales et les services de sécurité afin de sauver ces enfants de ce véritable esclavage qu'ils subissent à leurs corps défendant. Les fidèles qui sortent des mosquées, pris de pitié, remettent quelques pièces de monnaie à la petite ou à sa mère, d'autres pestent contre cette pratique qu'ils jugent immorale mais ne font aucun geste pour appeler les services de sécurité par exemple alors que d'autres sont totalement indifférents à cette situation très grave dans un pays où le niveau de vie est quand même assez bon par rapport à d'autres pays africains et arabes. Les services concernés devraient faire des rondes régulières afin d'enquêter sur la situation de ces enfants et les sauver pendant qu'il est encore temps.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Tahar Mansour
Source : www.lequotidien-oran.com