Blida - Revue de Presse

Blida: Les prix flambent



Ce qui devait arriver au début du Ramadhan n'arriva pas, les fruits et légumes ont gardé des prix relativement bas, les citoyens, de toutes les catégories, ont pu faire leurs emplettes de manière presque normale, et chacun s'en étonnait. Le Ramadhan passa avec de la chaleur, de la pluie, des bagarres, des couffins distribués à la sauvette, des restaurants Rahma pleins à craquer et, comme tout a une fin, celle du mois sacré fut annoncée pour jeudi. Et alors là, tout bascula ! Du jour au lendemain, au sens réel du terme, c'est-à-dire du mercredi au jeudi, les prix des légumes, de tous les légumes, furent multipliés par deux, trois, quatre fois, et même plus ! Qu'on s'en rende compte: la pomme de terre passa comme par magie de 30 à 55 et 65 DA le kilo, la tomate, qui ne faisait que 30 DA pour la meilleure qualité, a atteint 120 DA le kilogramme. Les autres légumes sont à l'avenant, comme la salade qui a coûté 120 et 140 DA le kilo après avoir passé le Ramadhan avec un sage 40 DA, les poivrons qui sont arrivés à 150 DA après avoir longtemps stagné aux environs de 50 DA, les carottes qui sont passées de 30 à 80 DA, ou encore la courgette qui a atteint 140 DA. Nous avons appris auprès de certains détaillants que même les navets ont été proposés à 180 DA le kilo en gros, de l'inimaginable, car ce légume est boudé en temps normal par la majorité des Algériens ! Que dire aussi des haricots à écosser qui ont coûté 200 DA et plus alors qu'ils n'ont pas dépassé les 120 durant tout le mois de Ramadhan.

Seul peut-être l'oignon a gardé un paisible 25 DA le kilo, gagnant tout de même 5 DA sur le jour d'avant. Bien sûr, les commerçants qui profitent d'une manière aussi éhontée des circonstances sont des vautours qui saignent les gens alors qu'ils sont encore vivants, mais les victimes ont aussi une part de responsabilité dans ce qui leur arrive. En effet, pourquoi acheter de la laitue à 120 DA, de la pomme de terre à 60 ou des courgettes à 140 DA le kilo ? Tous ces gens-là ne peuvent-ils pas se contenter du minimum pendant deux jours et faire un pied de nez à tous ces parasites qui les guettent pour sucer leur sang jusqu'à la dernière goutte ? Pourquoi devrons-nous subir cette boulimie qui nous met sur la paille, nous dirions en dessous de la paille pour être plus justes ? Nous avons essayé de comprendre en posant la question à quelques citoyens mais nous fûmes presque rabroués par la plupart: «‘Vous voulez qu'on meurt de faim ?», «Et qu'allons-nous présenter à nos invités ?», «Vous savez, quand on a des enfants, il faut les nourrir à n'importe quel prix et c'est aux services concernés de nous défendre», «Allez plutôt dire aux gouvernants de punir tous ces pourris qui sucent notre sang» ont été les réponses entendues çà et là, avec des mines qui laissaient voir une colère non feinte devant ces questions. Mais il demeure toujours que les autorités concernées devraient se rajuster pour mettre un frein à ces dépassements réprouvés par toutes les morales.


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)