Blida - Revue de Presse

Blida Le dessalement de l'eau de mer en discussion



L'université Saâd Dahlab organise du 27 au 30 janvier courant, en collaboration avec le Middle East Desalination Research Center (MEDRC), un workshop portant sur le dessalement d'eau de mer et de l'eau saumâtre par osmose inverse et ce, à l'hôtel Grand Bleu de Tipaza. Cette manifestation vise, d'après le Dr Noureddine Ghaffour représentant du MEDRC, à former les futurs cadres appelés à gérer d'une manière efficiente la quinzaine de stations de dessalement en projet. «Et ce workshop a pour but de sensibiliser les chercheurs, les ingénieurs et les professionnels intervenant dans le domaine du dessalement de l'eau de mer et des eaux saumâtres sur les bonnes pratiques d'ingénierie. L'ingénierie qui est la partie préparatoire de tout projet, est une phase très importante pendant laquelle le procédé, son dimensionnement, sa conception et le choix des composants sont pris en compte. Cette étape doit être menée avec le plus grand soin, car elle décide de tout ce qui va suivre et ce, jusqu'à la production de l'eau traitée. Le procédé d'osmose inverse sera plus particulièrement étudié, membranes, modules, pré-traitement, post-traitement, conceptions d'installations. Les principaux problèmes rencontrés tels que l'entartrage, le colmatage, le biofouling et les impacts environnementaux seront aussi abordés». En effet, pour pallier le manque d'eau en Algérie et compléter l'apport naturel par les précipitations assez irrégulières chez nous (le ratio préconisé par l'OMS est de 1000 m3/hab/an alors qu'il n'est que de 500 m3/hab/an chez nous), le gouvernement a initié un ambitieux programme de réalisation de 15 grandes stations de dessalement d'eau de mer et des eaux saumâtres qui fourniront d'ici 2010 près de 2 millions de mètres cubes d'eau potable par jour. D'ailleurs, la première station, d'une capacité de 200 mille M3 par jour, celle du Hamma à Alger devrait être mise en service dès le mois prochain alors que celle de Mactaâ (Oran) et qui est encore au stade de l'étude des offres aura une production de 500.000 M3 d'eau potable par jour et sera l'une des plus grandes sinon la plus grande. Jusqu'à maintenant, l'Algérie possède près de 21 stations de dessalement dont certaines sont déjà opérationnelles, mais leur capacité n'est pas importante. Il y a déjà une station de dessalement à Arzew qui produit 90.000 m3 d'eau potable par jour mais par distillation, alors que toutes les prochaines stations verront l'utilisation de la technique dite par osmose inverse et qui consiste à faire passer l'eau de mer à travers des membranes semi-perméables en utilisant une forte pression (60 kg/cm²). La membrane retient le sel et tout ce qui se trouve dans l'eau de mer comme matières. Ces membranes ont donné à travers le monde des résultats assez probants et sont utilisées partout, surtout que pour la pression il n'y a que l'électricité qui est utilisée, contrairement au dessalement par distillation qui nécessite l'utilisation de fuel, relativement plus cher. Pour revenir à l'osmose inverse, les membranes sont obtenues à partir de polymères organiques aux propriétés de rétention très élevés. Elles sont produites en unités d'environ 37 m² et chacune d'elles peut traiter 16 à 20 m3 d'eau de mer par jour qui revient entre 0,6 et 0,7 $ le mètre cube d'eau potable. Une fois les stations en projet terminées, elles nécessiteront l'utilisation d'environ 200.000 membranes, qui coûteront près de 20 millions de dollars, pour une durée de vie estimée entre 20 et 25 ans si leur entretien est fait régulièrement. Et c'est justement cet aspect du dessalement d'eau de mer par osmose inverse qui a poussé l'organisation de ce cinquième workshop qui consiste à préparer les ressources humaines et les rendre capables de gérer convenablement ces véritables usines de dessalement. Il y a lieu de noter qu'il n'existe en Algérie aucune université qui offre cette formation, même si certaines, comme l'université de Blida, tablent sur le LMD pour pouvoir intégrer des études dans cette spécialité à leur cursus normal. Durant donc ces quatre jours, des cours intensifs seront donnés par des spécialistes en matière, comme l'ingénieur Henri Lugan (France), l'ingénieur Kamel Fethi (Tunisie) et plusieurs universitaires algériens, essentiellement de l'université Saâd Dahlab de Blida. Pour ce qui est de la qualité de l'eau produite, les spécialistes affirment qu'elle contiendra moins de 0,5 mg/l de sodium et sera post-traitée pour qu'elle ressemble le plus possible à l'eau conventionnelle, même si en général, l'eau est différente selon sa source.
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