L'Algérie fait face, depuis des décennies, à un déficit en pluviométrie qui a fait baisser de manière significative ses potentialités d'approvisionnement en eau potable de la population et en eau d'irrigation. L'irrigation peut être sauvée grâce à la réutilisation des eaux usées après leur traitement, solution pour laquelle l'Algérie accuse un grand retard par rapport à d'autres pays du monde. L'Ecole Supérieure de l'Hydraulique de Blida a donc organisé une journée d'études sur la réutilisation en agriculture des eaux usées traitées et ce, dans le cadre du programme Erasmus, avec la participation de l'université Vytautas-Magnus de Lituanie, un pays leader en la matière.Lors de son intervention, le Pr Mustapha Kamel Mihoubi, directeur de l'Ecole Supérieure de l'Hydraulique de Blida, a précisé que le thème de cette journée concerne l'économie des ressources en eau en amont ainsi que la diminution du volume des rejets des eaux polluées.
Il s'agit, a-t-il indiqué, de répondre à un objectif de développement qui réponde aux besoins présents sans hypothéquer ceux des générations futures. « Il est primordial d'intégrer le développement économique, social et environnemental à la question de l'eau et son développement durable en comptant sur la prise de conscience de la communauté, qu'il faut aussi renforcer ». L'orateur ne manque pas de rappeler le forum mondial de l'eau qui s'est tenu à Marrakech en 1977 au cours duquel, déjà, les spécialistes ont tiré la sonnette d'alarme sur le déficit des ressources en eau pour faire face aux besoins des populations qui ont augmenté de deux fois au cours des vingt dernières années, en plus de ceux de l'irrigation qui suivent à cause d'une démographie galopante. Le réchauffement climatique, qui est devenu maintenant une réalité, doit aussi être pris en compte, d'autant plus que ses conséquences ne sont pas encore toutes connues, alors que le manque d'eau sera ressenti à travers tous les pays du pourtour méditerranéen, comme le Maghreb, le Moyen-Orient, la Grèce, le sud de la France. « Concernant l'Algérie, les cycles de sécheresse qu'elle a connus en 1982, 1995, 2005, 2007, 2015 et 2016 ont fait régresser les ressources en eau et le déficit est estimé à 33% à l'ouest, 20% au centre et 17% à l'est » affirme-t-il encore.
C'est donc pour faire face à ce déficit, du moins pour ce qui est de l'irrigation, que la réutilisation des eaux usées traitées est préconisée mais elle n'a pas encore atteint sa vitesse de croisière en Algérie, et demeure très en deçà des capacités mises en ?uvre par les différents programmes gouvernementaux dotés d'enveloppes financières conséquentes.
Des intervenants estiment que les techniques utilisées en Algérie sont les mêmes que celles utilisées par la Lituanie par exemple mais que, chez nous, le traitement des eaux usées fait face à différents problèmes techniques et de gestion qui font que les stations d'épuration réalisées à travers de nombreuses régions d'Algérie ne fonctionnent pas correctement. Il faudrait ajouter à cela que ce n'est pas la totalité des eaux usées produites qui arrivent aux stations d'épuration. « Sur un total de plus de 700 millions de mètres cubes d'eaux traitées, il n'y a que 150 millions qui sont réutilisés pour l'irrigation, malgré les 130 stations d'épuration réalisées à travers le territoire national » précisent aussi des spécialistes de la question.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Tahar Mansour
Source : www.lequotidien-oran.com