Blida - Revue de Presse

Blida Des produits alimentaires entre prix bas et risques



Depuis quelques années déjà, un véritable phénomène s'est installé dans nos marchés et a fini par gagner tous les endroits où le commerce est roi. Ce phénomène, c'est la vente à la criée de denrées alimentaires fabriquées à l'étranger pour des prix beaucoup plus bas que ceux pratiqués dans les magasins. D'abord réticents, parce que justement les prix sont trop bas pour être honnêtes, les Algériens, pouvoir d'achat en dégradation aidant, ont fini par y goûter, puis s'y sont habitués à telle enseigne que même les commerces légaux se sont mis à la chose. Dans tous les marchés populaires, vous trouverez des étals vendant des chocolats pourtant réputés fins, comme Rocky ou Maruja 20 DA la tablette alors que son prix, dans le magasin d'en face est de 70 DA. La boîte de tomate d'une livre, coûtant en épicerie 45 ou 50 DA est cédée chez les marchands à la sauvette à 30 DA. C'est la même chose pour la margarine ou le beurre, ou encore le jus dont la bouteille de 1,5 l, valant 55 DA en magasin, proposée pour 35 DA seulement. La liste reste longue de ces produits dont le dénominateur commun est qu'ils sont périssables en un laps de temps relativement court et qui sont vendus ainsi, sans aucune norme en matière de conservation, exposés à tous les aléas climatiques. C'est aussi le cas des fruits, surtout les pommes et les poires qui, après un long séjour en chambre frigorifique, présentent un début de pourrissement. Ils sont alors bradés entre 40 et 70 DA le kilo alors que, juste à côté ils coûtent entre 140 et 180 DA le kilo. Et le plus étonnant, c'est qu'il y a certains marchands qui ôtent la partie pourrie, «rincent» le fruit dans une eau sale et le présentent ainsi à la vente, exposé au toucher des clients et à la visite des mouches qui s'en délectent. Il y a aussi les shampoings, les parfums et d'autres produits cosmétiques qui suivent le même chemin. Vous trouverez facilement des shampoings d'importation, présentés sous forme de deux bouteilles dans un seul emballage pour 100 DA, alors que son prix véritable est d'environ 180 DA la bouteille, soit 360 les deux. Le vendeur a même l'audace de vous montrer la date de péremption portée dessus qui vous donne encore pour près de deux années de conservation. Pour essayer de connaître le pourquoi de ces prix, nous nous sommes rapprochés de certains de ces vendeurs qui nous ont affirmé, pour quelques-uns d'entre eux, que ces produits proviennent de chez des importateurs qui, voyant que leur marchandise risque d'être périmée en un laps de temps très court, s'en débarrassent en la remettant à de jeunes vendeurs à la sauvette qui la vendent à bas prix en un temps record. Nous avons appris que certains de ces grossistes remettent la marchandise à ces vendeurs contre le dépôt de leur carte d'identité nationale comme gage et ne sont payés qu'une fois la marchandise vendue. Mais ce n'est pas toujours le cas, car ceci est, à la limite, légal et sans grand danger puisqu'il s'agit là de vendre, parfois à perte, des denrées alimentaires qui risquent d'être perdues. Dans d'autres cas, les produits sont réellement périmés mais des personnes inconscientes changent la date limite d'utilisation et vendent ces produits à bas prix, très vite, en parlant beaucoup et en vantant les qualités de leur marchandise. Nombre de personnes crédules se laissent tenter par ce véritable chant de sirènes et achètent, heureux de pouvoir acheter ce qu'ils ne font que regarder dans les vitrines des grands magasins, car trop cher pour leur maigre bourse. Il y a aussi une autre façon pour ces marchands de ventre peu cher: ils récupèrent les emballages de parfum ou de déodorant made in, les nettoient bien et les remplissent d'une manière ou d'une autre avec de l'eau à laquelle ils auront ajouté juste un peu d'extrait. Il faut dire que toutes ces pratiques constituent un véritable danger pour la santé des citoyens si aucune mesure n'est entreprise pour y mettre fin. Cela dure depuis trop longtemps mais, faute de statistiques crédibles, nous ne pouvons savoir jusqu'où ces produits sont arrivés en matière de cause directe ou indirecte de maladies diverses. Les services concernés devraient s'impliquer directement dans cette lutte, de même que les citoyens en refusant de se laisser avoir par un produit bon marché mais dangereux pour leur santé et celle des leurs. D'ailleurs, nous sommes étonnés en voyant le nombre d'associations de toutes sortes mais pas celle des consommateurs.
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