A lire les cahiers des charges que signent tous les entrepreneurs, nous trouvons que tous comportent une clause stipulant la remise en état des lieux où ils ont réalisé une quelconque construction. Cette remise en état est payée au même titre que les autres travaux, avec un prix unitaire, une estimation des quantités et un total. La remise en état est donc un travail comme un autre que l'entrepreneur doit faire et que le maître d'oeuvre ou celui chargé du contrôle doit vérifier et exiger qu'il soit conforme au cahier des charges. Ceci en théorie, puisque la réalité est tout autre. Et nous pouvons le vérifier partout où nous nous rendons. Bien sûr, et c'est d'autant plus malheureux, ce constat n'est pas l'apanage de la wilaya de Blida mais c'est tout le territoire national qui est touché par ce phénomène. En effet, partout où nous allons, nous trouvons des trous mal remplis, d'autres avec un monticule de boues au-dessus, les gravats sont laissés sur place et si, par hasard, ils sont enlevés, ils ne le sont qu'à moitié. Et là où le laisser-aller devient grave et dangereux, c'est lors des poses de canalisations diverses quand le travail est terminé et que l'entreprise s'en va, laissant derrière elle des fouilles sommairement remblayées, sans que ce remblai ne soit arrosé et compacté par couches successives de 20 cm, comme le stipule les techniques en vigueur et ce qui est généralement porté sur le cahier des charges. Ceci entraîne un tassement de ces terres quelque temps après, ce qui constitue un danger certain pour les automobilistes, surtout si c'est une route à grande circulation. Plusieurs accidents, parfois mortels, ont été causés par ces tranchées mal remplies dans lesquelles les roues s'enfoncent et font dévier la voiture ou la font déraper et se renverser. Dans certains quartiers où les rues ne sont pas bitumées, c'est un véritable désastre que causent ces entrepreneurs en ne prenant aucune précaution et en déposant les terres retirées des tranchées sur la chaussée la rendant impraticable aussi bien pour les voitures que pour les piétons et les riverains rencontrent mille difficultés et courent mille dangers pour se rendre chez eux. Et quand il pleut, c'est la calamité. La boue est partout et l'on ne s'en sort même pas avec des bottes en caoutchouc, et les flaques d'eau stagnent des jours durant après que la pluie a cessé de tomber. Dans certains endroits, nous avons trouvé de très grosses buses en ciment laissées là après la fin des travaux faisant la joie des enfants qui montent dessus ou rentrent par un bout pour sortir de l'autre, avec tous les dangers que cela représente. Dans d'autres enfin, ce sont des madriers, des morceaux de bois, de la ferraille et tout autre rebut qui sont laissés sur place. Mais le meilleur dans tout cela, c'est que l'entreprise se fait payer ces remises en état sans les réaliser et personne ne s'offusque.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Tahar Mansour
Source : www.lequotidien-oran.com