Blida - Revue de Presse

Blida Bagarres et agressions en série



Devant l'arrogante suffisance du préposé au guichet d'une administration, devant une personne qui essaie de nous voler, devant des gens qui font fi de toute retenue à toute heure de la nuit ou du jour et crient à tue-tête, nous nous retenons souvent, nous essayons de faire preuve de sang-froid, mais nous finissons parfois par laisser éclater notre colère quand la dose du supportable est dépassée. Mais cette colère est quand même gérable d'un côté et, de l'autre, presque excusable. Ce qui est devenu incompréhensible dans notre société pourtant calme, c'est le comportement agressif de la plupart des Algériens qui, pour un oui ou un nom, se battent comme des chiffonniers, sans aucune pitié ni peur des conséquences. Ils agissent comme s'ils étaient dans un état second, frappant leur adversaire du moment avec n'importe quel objet trouvé devant eux, lui causant des blessures assez graves entraînant parfois la mort. Les rixes dans les marchés, dans les administrations, dans les bus, entre voisins, dans la rue, sont devenues si courantes que le commun des mortels ne s'étonnent plus de ces spectacles pourtant inhabituels chez nous il y a deux ou trois décennies. L'agressivité telle que définie par les spécialistes est considérée comme une modalité du comportement des êtres vivants, particulièrement les humains, qui se reconnaît à des actions où la violence est dominante. Le mot est lâché : la violence, sous toutes ses formes, est omniprésente dans notre société et a pénétré même les foyers où nous ne rencontrions dans un passé récent qu'amour, entraide, respect qui sont des comportements normaux de tout musulman et de tout être humain. Les exemples qui étayent cette vérité sont légion, mais nous n'en citerons que quelques-uns, qui parleront d'eux-mêmes. A l'entrée d'une petite ville de la Mitidja, les voitures roulent au pas tant la circulation est dense quand un jeune, au volant d'un véritable tacot, sort de la file, double quelques voitures et revient soudainement juste devant un bus. Le chauffeur de ce dernier ne put rien faire et percuta l'arrière de la voiture sans lui causer aucun dommage sauf celui d'avoir brisé le feu rouge. Le jeune, les yeux exorbités, la bave coulant de ses commissures, descendit de sa voiture armé d'un long tournevis et se dirigea vers le chauffeur en l'insultant à très haute voix et frappa la vitre latérale à hauteur du visage du chauffeur du bus qui ne dut son salut qu'à la fenêtre qui était fermée. Le verre se brisa et le jeune continua ses insultes, employant des mots crus et très désobligeant, essayant en même temps de frapper le chauffeur du bus à travers la vitre désormais béante. Heureusement qu'une patrouille de la gendarmerie qui passait là, par hasard, intervint et arrêta le jeune qui, comme par enchantement, se calma aussitôt. Une autre ville de la même région, à proximité d'un marché, plusieurs dizaines de jeunes et de moins jeunes vendent des téléphones portables à la sauvette. C'est un marché grouillant de monde, improvisé chaque après-midi et dure jusqu'au coucher du soleil. Les téléphones vendus en cet endroit sont pour la majorité volés ou qui présentent des défauts irrécupérables. Les prix ne sont pas élevés et chacun essaie de trouver son compte. Mais souvent, des rixes éclatent pour un oui ou un non, et ceci chaque jour. Ces bagarres surviennent entre des jeunes qui se sentent arnaqués par d'autres et il y eut deux fois mort d'homme alors que plusieurs ont été sérieusement blessés. Les armes blanches font leur apparition comme par enchantement et nous avons pu voir une fois même des sabres, une faucille et des barres de fer. Dans d'autres villes, dans des quartiers pourtant réputés calmes, deux jeunes sont morts à cause de parkings sauvages qu'ils disputaient à des voisins. Et toujours les blessures sont assez graves, causés par des barres de fer, des couteaux de boucher ou des sabres. Il n'y a pas longtemps, une jeune femme a été sauvagement tabassée, car elle ne voulut pas suivre ceux qui la prenaient pour une fille facile. Et bien entendu, il ne faut pas oublier la violence dans les stades. On se souvient du jeune qui a été poignardé à la sortie d'un stade, ou encore toutes les dégradations gratuites que font subir aux édifices publics ainsi qu'aux biens privés de jeunes fans d'une équipe qui vient de perdre un match. Nous pouvons citer ainsi des milliers d'exemples beaucoup plus édifiants les uns que les autres, mais la question reste posée: quelle est la raison - ou les raisons - qui pousse quelqu'un à faire du mal à autrui ? D'après certains analystes, tous ces comportements violents seraient avant tout une réponse à un sentiment d'injustice subie et d'affirmation de soi. Mais il y a aussi la culture qui joue un rôle très important ainsi que l'éducation, aussi bien dans le sens comportemental que dans le sens de l'instruction. En outre, faits de société que nous avions cru oubliés, refont surface et montrent un autre visage de la violence : c'est celui des héritiers entre eux ou entre des voisins, à cause d'un lopin de terre de quelques mètres carrés. Plusieurs cas de violences extrêmes nous ont été récemment rapportés, comme ces deux frères âgés de plus de 70 ans chacun et qui se sont battus à coups de cannes et de haches, entraînant même leurs enfants qui se sont crus obligés de venger leur père respectif, ou encore ces cousins dont l'un a frappé l'autre avec une faucille manquant de peu de le tuer. Le blessé s'est retrouvé à l'hôpital pour près de trois mois et l'autre en prison pour 18 mois. Tout cela pour un lopin de terre que se dispute les deux familles. Les dernières batailles rangées entre des tribus un peu partout à travers le territoire national, et rapportées par la presse, nous ont fait revenir plus de mille ans en arrière et beaucoup de citoyens se sont étonnés et inquiétés sérieusement quand ils ont lu les faits dans les journaux. Quelques-uns font état des dures années de terrorisme qu'ont vécues tous les Algériens dans leurs chairs, pour donner un semblant d'explication à cette montée de violence entre les citoyens mais sans convaincre personne. En effet, les séquelles des années de braise se voient plutôt chez ceux qui ont perdu la raison, car ils ont reçu des chocs mentaux très durs, mais dans l'ensemble, c'est tout le peuple qui a été touché et la majorité n'aspirent actuellement qu'à vivre dans la paix et le calme.
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