
« L'Algérie a toutes les possibilités de passer d'un pays importateur à un pays exportateur mais les exportateurs nationaux manquent d'audace pour conquérir les marchés arabe, africain et européen », a estimé, hier, Jean-François Beaulieu, responsable commercial à la société Team Logistic Services France, en marge du séminaire sur « les logistiques et services dans le secteur de l'exportation », organisé par la chambre de commerce et d'industrie de la wilaya de Blida.Pourtant, selon lui, ce ne sont pas les opportunités qui manquent. « Les Européens ne savent plus fabriquer. Ils le font en Chine. Mais il faut une longue traversée, trente jours ou plus, pour qu'un navire accoste les ports d'Europe, alors qu'on peut le faire en une journée en partant d'ici », a fait remarquer le responsable de la société en Algérie. « Beaucoup reste à faire en Algérie dans le domaine de l'exportation. Il va falloir faire preuve d'une grande volonté pour gagner des places dans un domaine extrêmement concurrentiel », a-t-il ajouté. Beaulieu note que la qualité existe en Algérie. « Il y a des industriels qui font du bon travail. Ce qui leur manque, c'est l'audace », a-t-il souligné.Pour le président de la chambre de commerce et d'industrie de la wilaya de Blida, Riadh Amour, « le processus d'exportation est nouveau pour nous, alors que l'économie algérienne s'oriente vers l'exportation ». Selon lui, l'Algérie compte 860 exportateurs. « L'objectif est d'atteindre 1.200 à 1.500 exportateurs d'ici à 2017. Nous avons acquis une grande expérience dans le domaine de l'agroalimentaire, notamment dans la fabrication des pâtes », a-t-il souligné. Mais le président de l'association des exportateurs algériens, Ali Bey Nasri, rectifie le tir. « En Algérie, il y a 50 exportateurs qui représentent 97% des produits exportés. Le sucre occupe la première place des produits algériens exportés, hors hydrocarbures », a-t-il indiqué. « Sur 2,5 milliards de dollars représentant les recettes d'exportation hors hydrocarbures, 2 milliards proviennent des produits de Sonatrach.L'exportation du sucre est estimée à plus de 250 millions de dollars. Le phosphate brut vient en deuxième position suivi du gaz industriel et des dattes », détaille-t-il. Nasri s'interroge sur le sort des 44 propositions présentées durant la dernière tripartite et restées sans suite. Ce dernier ne cache pas son pessimisme. « L'absence d'une vision et d'une stratégie fait perdre du temps à l'Algérie », a-t-il soutenu, rappelant que le Conseil national consultatif de promotion des exportations qui a vu le jour en juin 2004, n'est toujours pas opérationnel.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M Benkeddada
Source : www.horizons-dz.com