Blida

Analyse du jeudi



La nouvelle croisade d’un islamiste invétéré L’attentat manqué du 14 août dernier contre l’ancien dirigeant terroriste du GIA, pour la région de Larbaâ (Blida), Mustapha Kertali, a servi de prétexte pour certains de ses anciens «frères» et frères ennemis de revenir au-devant de la scène politique et médiatique. Cet attentat a fait l’objet d’un communiqué de l’ex-GSPC qui l’a assumé tout en expliquant qu’il a été commis par un des siens sans avoir été souhaité par sa «direction». Tous ceux qui suivent la situation sécuritaire en ont pris note tout en restant attentifs à son évolution. Mais, Anouar Haddam, interrogé par un quotidien national à partir de son «exil» américain, a émis un doute sur l’authenticité de ce communiqué et même sur les dirigeants actuels de l’ex-GSPC. Quoique très lourde de sens et d’arrière-pensées, sa sortie semble être passée inaperçue. Notamment quand il qualifie les pratiques d’Al-Qaïda Maghreb qu’est l’ex-GSPC d’»actes plus horribles que ceux du GIA».Venant de n’importe qui d’autre que lui, cette déclaration pourrait être prise au premier degré et même approuvée par le bon sens. Mais, chez lui, elle a une autre signification. Il ne s’agit que d’une flèche assassine à la fois contre les forces de sécurité et contre la «réconciliation» dont il se dit être un partisan, quoique avec des réserves et des conditions. En effet, il a eu, à plusieurs reprises, à dénoncer le GIA et ses «actes horribles», mais pour lui qui a été l’un de ses partisans les plus résolus, cette organisation sanguinaire n’est devenue ce qu’elle est que parce qu’elle a été «infiltrée» et «manipulée» par les forces de sécurité qui lui ont fait faire les atrocités par lesquelles elle s’est caractérisée. C’est lui qui déclarait encore le 12 novembre dernier, à la chaîne TV Al-Arabia: «J’étais de ceux qui ont soutenu la création du GIA originel, transformé par la suite par l’institution militaire, certains de ses membres et des mokhabarate, en la plus horrible organisation qu’a connue l’histoire.» Ainsi, le GIA «horrible» n’a pas été le sien mais un autre qu’il cherche à disculper en mettant ses atrocités sur le dos des forces de sécurité. A le suivre, le GSPC originel n’aurait rien d’»horrifiant», mais une fois devenu Al-Qaïda Maghreb il a basculé dans des «actes plus horribles que ceux du GIA». Traduction: Si le GIA n’a pas été (prétendument) «infiltré», il n’aurait jamais été «transformé» en une organisation monstrueuse. Donc, si l’ex-GSPC fait la même chose, c’est forcément parce qu’il a subi le même sort. Autrement dit, avec ce genre de déclarations, Anouar Haddam ne fait rien d’autre que de tenter d’initier un doute sur la réalité évidente de l’ex-GSPC, ses véritables dirigeants, ses communiqués, pour imputer ses pratiques criminelles aux forces de sécurité dans un nouveau chapitre qui ne dit pas encore son nom dans l’abominable feuilleton de jadis, le «Qui tue qui?». Le problème est que, jusqu’à présent, les «actes horribles» que revendique l’ex-GSPC, depuis son adhésion à Al-Qaïda, sont des attentats kamikazes qui font des carnages parmi les civils et des attaques contre des ressortissants étrangers. Il se trouve seulement que ce même type d’attentats est de ceux-là mêmes qui ont fait le point fort du GIA dont Anouar Haddam était partisan. Notamment avec l’attentat suicide du commissariat central de police d’Alger de janvier 1995 qui est justement resté dans l’histoire comme un de ceux qu’il a justifiés, à côté des attentats contre les étrangers et les assassinats au quotidien à coups d’explosifs et véhicules piégés et les attaques contre les forces de sécurité et des institutions de l’Etat. En quoi donc, jusqu’à présent, l’ex-GSPC est «plus horrible» que le GIA que soutenait Anouar Haddam?
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