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Algérie ' Le niet officiel perdure contre des OGM' bien présents dans les assiettes



Algérie ' Le niet officiel perdure contre des OGM' bien présents dans les assiettes
L'Algérie sera confrontée dans quelques années à une forte demande sur les produits agricoles et alimentaires industriels. Actuellement, la production locale ne couvre que 70 % des besoins, le reste étant importé, notamment les céréales (maïs, orge, blés). L'introduction des cultures OGM (organismes génétiquement modifiés) dans les plans de culture sera-t-elle la « solution » ' Non, répondent en ch'ur spécialistes et responsables au ministère de l'agriculture. Mais les assiettes algériennes sont-elles à zéro OGM' Personne ne parie dessus.
L'introduction des cultures OGM, ou ''plus spécifiquement les plantes génétiquement modifiées (PGM) en Algérie n'est pas nécessaire, ni à l'ordre du jour'', estime B. Rym, ingénieur agronome de l'Institut d'agronomie de Blida. La production agricole nationale couvre les ''besoins de la demande pour tous les produits'', déclare-t-elle à ME. Certes, confie-t-elle, ''l'introduction des PGM, notamment pour les céréales ou la tomate, est tentante dans le cas de notre pays, où la production locale ne suffit pas. Mais ce n'est pas la solution idéale pour le moment''. Dans les pays du Sud, le taux de croissance des cultures biotechnologiques en 2011 a atteint 11% (8,2 Millions d'ha), un niveau deux fois plus élevé que celui des pays industrialisés avec 5% ou 3,8 Millions d'hectares. Les cultures OGM sont notamment développées au Brésil (Soja), en Chine, en Afrique du Sud, et en Egypte. Au total, 16,7 millions d'agriculteurs ont semé des OGM dans 29 pays dont 19 pays du Sud, selon le rapport 2011 de l'Isaaa (Service international pour l'acquisition des applications agricoles biotechnologiques.
Pas de PGM en Algérie
Officiellement, il n'y a pas de PGM en Algérie. Un arrêté du ministère de l'agriculture, daté de décembre 2000, interdit ''l'importation, la distribution, la commercialisation et l'utilisation du matériel végétal génétiquement modifié, sauf à des fins de recherche scientifique'', selon un cadre du ministère. Le but de ce texte ''est d'éviter tout risque de contagion avec le patrimoine phylogénétiques (semences et plants) national et de maintenir les produits agricoles algériens aux normes et standards des nouvelles règles de l'OMC, estime-t-on au ministère de l'agriculture. L'Algérie est signataire du protocole Carthagène sur la prévention des risques biotechnologiques relatif à la conversion sur la diversité biologique. Si l'Algérie n'importe pas, pour le moment, des variétés de blés génétiquement modifiées, elle importe de la pomme de la semence de terre sous forme de tubercules. Il y a actuellement un projet de loi interministériel en cours d'élaboration qui a pour vocation de définir le cadre réglementaire pour tout ce qui est OGM en Algérie. Pour les agronomes algériens, la recherche et la production de nouvelles semences reste un cheval de bataille. L'Algérie a lancé un projet visant à introduire de nouvelles variétés de pomme de terre à travers un partenariat avec le Pérou, pays d'origine de cette espèce de solanacées. Mais, le plus grand chantier de développement des espèces agricoles de large consommation concerne les blés, pour développer différentes variétés céréalières.
Des Ogm' on en parle du bout des lèvres
Il reste que les OGM pourraient bien être présent dans le pays particulièrement dans l'assiette des algériens. Comment ' On en parle du bout des lèvres, le sujet étant sensible. Si officiellement les PGM et OGM ne sont pas importés ni introduits dans le cycle de production agricole, il n'est pas établi que ces produits, sous forme de produits finis, ne sont pas importés en Algérie. ''Il y a en réalité des dizaines de tonnes de Ketchup, de maïs en conserve pour les salades, de cornichons, de frites surgelées, d'huile de soja, etc... importées tout au long de l'année'', relève B. Rym. La question concerne directement le type de produits alimentaires prêts à la consommation importés et qui ne sont pas contrôlés aux frontières ''de manière à définir s'il s'agit de produits à base d'OGM ou non'', ajoute cette agronome spécialiste de la tomate. ''Le débat sur les OGM doit être, aujourd'hui plus que jamais ouvert entre spécialistes, chercheurs et politiques, pour définir les contours de la stratégie nationale agricole pour les années prochaines'', relève-t-on par ailleurs au ministère de l'agriculture. Mais, pour le moment, avec une forte demande sur les produits agricoles et alimentaires, ''nous ne sommes pas encore au débat entre produits du terroir et produits bio. Nous sommes un pays du Sud'', explique encore B. Rym.
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