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AIN DEFLA



La Direction de la culture de la wilaya de Aïn-Defla a organisé une rencontre de spécialistes qui ont planché pour diagnostiquer les causes à l'origine de la régression sévère de la lecture chez les jeunes et les moins jeunes.Cette rencontre a vu la participation de professeurs spécialistes en bibliothéconomie des Universités de Blida et de Khemis-Miliana outre des hommes de lettres, des écrivains et des pédagogues et surtout des bibliothécaires de profession. Le constat est amer. A titre d'exemple, la wilaya de Aïn-Defla compte 36 bibliothèques à raison d'une par commune en plus de deux autres communes qui disposent d'une salle de lecture chacune. Chiffres à l'appui, il s'avère que le taux de fréquentation est quasiment nul dans ces lieux pourtant construits et destinés à permettre aux jeunes et aux moins jeunes de s'adonner à la lecture et à la culture. On n'y trouve dans quelquesunes qu'une certaine agitation de lycéens et de collégiens à la veille des examens pour d'éventuelles révisions des cours en groupe, dans le meilleur des cas. Par ailleurs, il faut dire que nombre de ces bibliothèques restent des structures, meublées certes, où les étagères sont pour ainsi dire vides ou ne s'y alignent que des fascicules et autres manuels scolaires et dans le meilleur des cas des livres traitant de la religion. La seule bibliothèque achalandée demeure la Bibliothèque principale du chef-lieu de wilaya où se tiennent, de temps en temps, des conférences, des regroupements et autres meetings et réunions de formations syndicales. Mieux encore, dans plus d'un des chefs-lieux de commune, ces bibliothèques sont ou fermées ou bien ont changé d'activité en abritant des services administratifs. Selon les organisateurs de cette rencontre, le but poursuivi est de chercher ensemble le moyen d'attirer, d'intéresser la population à s'informer et se former, se documenter, consulter, lire et se cultiver. Autre mission assignée à ce regroupement consiste à faire prendre conscience aux bibliothécaires que de nos jours, le livre écrit n'est plus le seul moyen d'accès à la culture, de débattre du comment motiver, intéresser à la lecture sous toutes ses formes et donc de se mettre au diapason des multimédias et du numérique qui intéresse une population de jeunes de plus en plus nombreuse, notamment les réseaux sociaux. Un des intervenants lors de ce regroupement, le Pr Salim Kahlane de l'Université de Blida suggère d'assurer une formation continue aux bibliothécaires tout en les exhortant de s'auto-former pour relever ce défi. Il est à noter également que de nos jours, de très nombreuses librairies ont cédé la place à des fast-foods, le livre étant devenu rare et très cher et de ce fait il n'intéresse plus les importateurs qui lui préfèrent l'importation de bananes et de produits cosmétiques et autres pruneaux ou des amandes de Californie, plus rentables, parce que plus consommés, quand ce ne sont pas des produits bas de gamme de la lointaine Chine devenue si proche. Le professeur Dahmani Bilal de l'Université de Khemis-Miliana, autre intervenant dans ce débat sur le thème «le livre dans le monde et dans le monde arabe», rapporte, dans le domaine de l'édition, que la Chine arrive en tête et édite 440 000 titres par an, suivie par la Russie 340 000 titres et l'Egypte qui se classe à la première place dans le monde arabe avec l'édition de 90 000 titres, l'Algérie ne figurant même pas dans ce classement avec ses 670 titres édités. L'orateur rapporte également que s'agissant du temps consacré à la lecture, c'est l'Inde qui arrive en tête dans le monde avec une moyenne de 10 heures par semaine et par habitant, l'Europe avec 6 à 7 heures, l'Algérie avec 6 minutes par habitant et par an soit une moyenne de 2 pages. Ce regroupement, qui s'est déroulé dans la Bibliothèque principale de Aïn- Defla, a été l'occasion de rendre hommage au romancier et chroniqueur (El Watan et El Khabar), homme de lettres Djilali Khellas, auteur de plusieurs ouvrages dont Une Mer sans Mouettes ; la nouvelle l'Automne du potentat ; les chroniques Plus beau que l'ébène ; Des mouettes dans le crépuscule, Une Odeur de chien, l'Amour dans les zones interdites, et Fleurs des temps sauvages et qui a été par ailleurs directeur du Centre culturel d'Alger, DG au ministère de la Culture à la tête du département des arts et de la littérature, directeur de la SNED, et qui a animé des cycles de conférences à la radio et la télévision. On notera que ses œuvres ont été traduites en espagnol, en allemand, en italien et en russe. On dit de lui que «c'est le littéraire qui s'est instruit et construit lui-même au prix de l'effort et des sacrifices, connu de par le monde mais, quelque peu, méconnu dans la wilaya de Aïn-Defla dont il est natif, considéré encore comme le ''Petit Djilali ». Lors de la clôture de ce regroupement, Mme Bekara Fatima, directrice du secteur de la culture, suggère l'intégration dans les programmes radiophoniques locaux et nationaux des émissions de lecture «d'œuvres littéraires et paralittéraires» pour redonner aux auditeurs le goût de la lecture. Que son vœu soit exaucé et sa suggestion entendue.
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