Blida - Revue de Presse

16 PERSONNES ASSASSINÉES PAR UN GROUPE TERRORISTE



Baba Moussa enterre ses morts Tout Bou Arfa, des familles de Blida et d?ailleurs, les autorités locales, à leur tête les walis de Médéa et de Blida, et le ministre de l?Intérieur et des Collectivités locales ainsi que celui de la Santé ont accompagné les quatorze victimes du guet-apens tendu dans la commune de Hamdania, près du lieudit M?sennou, vendredi dernier à 17h, au moment où ces victimes, membres de mêmes familles et voisins, décidaient de retourner sur Bou Arfa après avoir passé quelques heures dans leurs terres désertées depuis plusieurs années. Le retour sur les montagnes du Tell à bord de quatre véhicules a été fatal à la famille Mayouf qui perdra le père Djillali et les deux enfants Abdelkrim (18 ans) et Djamel Eddine (17 ans), laissant Fethi, 14 ans et collégien en 2e AM, seul. Même le véhicule, une 403 bâchée, sera criblée de balles et fera plusieurs tonneaux dans le ravin. Le véhicule Renault Express avec cinq personnes à son bord sera lui aussi criblé de balles. Et ce sera le propriétaire de la voiture qui aura été atteint en premier en pleine tête : Amrane Abdelkader, résidant à Sidi El Kebir, sera tué sur le coup. Le véhicule sera à la merci de la route sinueuse et de la bande de terroristes, dont le nombre n?a pu être comptabilisé par la seule personne rescapée qui arrivera après 18 h près de son voisinage et donnera l?alerte à sa famille. Etaient morts et brûlés ou décapités Tahchachat Ahmed, 56 ans, Boughedaoui Abdelkader, 67 ans, et Boughedaoui Amer, 56 ans. La Renault Mégane avec à son bord toute une famille sera brûlée avec ses occupants, un couple : El Hadj Hocine (44 ans) et Guedouali Zahia (38 ans), le fils El Hadj Farouk (16 ans), un neveu El Hadj Abdelkrim (15 ans) et une mère et grand-mère, Ameur Fatma-Zohra (73 ans). Bou Arfa, commune de 25 000 habitants, dispose de ce centre de Baba Moussa qui avait fait l?objet d?un reportage (voir El Watan du 25 août 2004), où il était question de « ces chemins qui montent... Pas d?eau, pas de gaz de ville, pas de téléphone... Un coin perdu » et qui revient sur le devant de la scène d?une manière tragique, le destin semblant s?acharner sur ces hommes et ces femmes qui appartiennent à la terre, qui ont fui malgré eux leurs terres dans les creux des montagnes reliant le Tell au Titteri et dont les produits agricoles alimentaient le marché de Blida et même celui de Chréa les vendredis. Comment une région dite « tranquillisée et apaisée » devient l?objet d?un terrorisme dit « résiduel » ? M. le ministre de l?Intérieur déclarera après l?inhumation : « C?est le plus dur qui puisse arriver avec le mois de Ramadhan et pour des familles qui sont allées travailler leurs terres. » Il reste à signaler qu?un véhicule (Golf) a pu rebrousser chemin avec quatre personnes à son bord et qui n?ont été retrouvées que le lendemain matin, réfugiées dans les buissons, mortes de peur. La descente des routes sinueuses et dans un mauvais état de Baba Moussa vers la ville s?était faite sous le regard des habitants, admirables par leur silence et leur calme.
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