
Qu'est-ce qu'une ville ' La question s'impose quand on voit comment sont gérées nos villes et comment sont conçues celles que l'Etat projette de créer. Une ville doit être fonctionnelle et spécialisée. Elle est agropole, technopole ou ville satellitaire d'une ville-mère. Mais dans tous les cas, elle est autonome, avec toutes les infrastructures de base et d'accompagnement qui permettront à ses habitants d'y vivre, d'y travailler et de s'y distraire sans dépendre de la ville voisine. Or, ni les agglomérations en projet, ni celles qui sont en construction ne répondent à ces critères. A Sidi Abdellah, qu'on présente comme une technopole, les collégiens et lycéens faisaient, l'année dernière encore, bien après la réception des premiers ensembles immobiliers de la nouvelle ville, de l'auto-stop pour aller au CEM ou au lycée situé dans la ville voisine, et ils prenaient sandwichs et repas froids à midi. Parce qu'il n'y avait pas de CEM ou lycée là où ils habitent, de transports publics pour rallier la ville voisine ni de cantines dans les structures éducatives où ils sont scolarisés, ces enfants vivaient le calvaire dans une ville nouvelle. On n'a pas pensé à construire toutes les infrastructures nécessaires avant de faire habiter les gens. La technopole est devenue une soupape de soulagement pour la crise de logement dans la capitale et ses environs. On croyait que Sidi Abdellah servirait de leçon pour éviter de rééditer les mêmes erreurs de planification et d'aménagement. Mais non. Un autre cas nous est donné avec Draa Errich, le projet qui doit soulager la pression sur Annaba. Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, en visite dans la région, a, d'ailleurs, critiqué le plan d'orientation générale du projet et a demandé que des correctifs y soient apportés pour ne pas refaire les mêmes erreurs que celles d'une autre nouvelle ville, Ali Mendjeli. Ces nouvelles villes apparaissent comme des conglomérats d'ensembles immobiliers. On a, en fait, rassemblés les cités qu'on ne pouvait plus construire autour des grandes villes saturées, en y ajoutant quelques infrastructures. Comment peut-on appeler «ville», une agglomération de bâtiments, où il n'y a pas la moindre place pour un cinéma, un théâtre, des espaces de distraction' ' L'école, le commissariat et l'hôpital sont, certes, nécessaires, mais pas suffisants pour faire une ville, qui doit être pensée comme une entité autonome, sur tous les plans, économique, administratif, socioéconomique et culturel. Et il aura fallu bien des imperfections et des milliards de dinars pour qu'on se rende enfin compte de l'erreur dans l'approche, erreur qu'on aurait pu éviter si on avait sollicité les services de spécialistes en aménagement du territoire, d'urbanistes, de paysagistes, de sociologues' La solution ' Une Epic qui sera chargée de coordonner les travaux de réalisation des nouvelles villes. Et quelle est la mission du ministère de la Ville ' A-t-il son mot à dire ou ne sera-t-il qu'un acteur parmi les autres dont le rôle n'interviendra qu'une fois la ville construite '
H. G.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hassan Gherab
Source : www.latribune-online.com