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Vers la fin de la gestion déléguée de l'eau



Entre échecs et avancées, les résultats contrastés devraient signer la fin de ce mode de management sans pour autant se passer, totalement, de l'expertise étrangère.Le limogeage du DG de Seaal avec tout son staff, ainsi que plus de 26 cadres de l'ADE intervenu, mercredi dernier, va rester dans les annales de l'hydraulique marquant un tournant décisif dans la façon d'appréhender la question de l'administration de l'eau, en Algérie, par les pouvoirs publics.
C'est, d'ailleurs, un prétexte tout justifié pour faire une halte et procéder à une analyse évaluative de ce modèle de management adopté par l'Algérie depuis 2006 recourant ainsi à la coopération étrangère, européenne précisément, pour une gestion déléguée de l'eau.
"Il n'y a eu jusque-là que des audits qui ont concerné des points ciblés, mais point d'étude sérieuse à même de nous indiquer véritablement où se situent les points forts et les failles de la gestion déléguée de l'eau.
Mais globalement, on peut dire que ce fut un expérience positive", nous a indiqué, hier, Smaïn Amirouche, DG de l'Algérienne des eaux (ADE), qui a, cependant, refusé de se prononcer sur cette vague de limogeages ou sur le devenir de Suez en Algérie. Mais il est clair, selon un spécialiste dans le domaine, que nous nous dirigeons vers la fin de la gestion déléguée de l'eau qui a montré ses limites.
Cela signifie de facto que l'Algérie n'a pas du tout l'intention de renouveler le contrat avec Suez Environnement qui dure depuis 12 ans et n'arrive à échéance qu'en 2021. Seaal est une société de droit algérien dont les actionnaires sont l'ADE et l'ONA. Elle a été gérée par les cadres de Suez Environnement, suivant un premier contrat de cinq ans, pour un montant de 120 millions d'euros pour ses prestations, soit 25 millions d'euros par an.
Le contrat visait à pourvoir l'Algérois d'une distribution d'eau H24 en plus de la réduction des fuites. En 2011, le contrat a été renouvelé pour cinq autres années en se fixant les mêmes objectifs, avant de passer la main aux Algériens en 2016. Mais ce ne fut pas le cas.
Suez est le seul partenaire qui s'est vu accorder d'abord des avenants jusqu'en 2018, pour décrocher, pour la troisième fois, le renouvellement du contrat, cette fois-ci pour une durée de trois années encore. Avec le limogeage de Brice Cabibel, Suez doit proposer un remplaçant dans les plus brefs délais.
En cas de vacance du poste, il est prévu que les délégations de pouvoir se retrouvent entre les mains du président du conseil d'administration de Seaal, assurées par le SG de Seaal, Lyès Mihoubi.
Et comme il y a douze expatriés à Seaal, il est demandé à Suez de proposer l'un d'eux pour assurer l'intérim, et le mieux placé pour ce poste serait le directeur des études et de la planification qui pourrait même poursuivre cette mission jusqu'à la fin du contrat.
M. Amirouche, pour sa part, affirme que "l'Algérie dispose, actuellement, d'assez de compétences pour mener à bien la mission de gestion de l'eau", tout en nuançant cette assurance : "Nous aurons toujours besoin de l'expertise étrangère car nous avons encore des lacunes, notamment en termes de télégestion et de télécontrôle."
Et de poursuivre : "Il ne faut pas omettre les évolutions rapides dans le domaine, particulièrement avec le problème du changement climatique qui exige de nous un renouvellement des connaissances en continu, et elles sont plutôt pointues dans ce domaine hautement technique."
À noter que d'autres expériences de gestion déléguée de l'eau ont été menées à Oran, à Constantine et à Annaba, et à la fin, c'est l'ADE qui a repris en main le contrôle.
Si celle d'Oran, la Seor, prise en charge par la firme espagnole Agbar Agua, qui n'est autre qu'une filiale de Suez (contrat de 30 millions d'euros 2008-2013), a réalisé des résultats probants, celle d'Annaba, assurée par l'allemande Gelsenwasser (Annaba et El-Tarf), s'est soldée par un échec cuisant (résiliation de contrat) et rattachée directement à l'ADE.
Celle-ci a plié bagage au bout d'une année d'activité laissant l'entreprise Seata au bord de la faillite pour être dissoute aussitôt. Celle de Constantine, Seaco, dont la gestion a été confiée aux Français, à savoir les Eaux de Marseille, n'a pas fait mieux.

Nabila SAIDOUN
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