Annaba - A la une

Une production en baisse



«Ca va de mal en pis» attestent de nombreux pêcheurs en activité sur les côtes du littoral algérien. Cette situation est bien mise en relief par les quantités en constante baisse du poisson pêché. Cela touche toutes les variétés sans exception avec au bout, des prix à la consommation à faire fuir les consommateurs.Les régions de l'est du pays connues pour être parmi les plus poissonneuses de par la qualité de leurs eaux et la préservation de leur environnement, sont confrontées à une réelle stagnation à tous les niveaux du secteur. L'on aborde avec regret les bonnes dispositions que le ministère de la Pêche à l'époque avait décidé de mettre en application. Elles ne l'ont jamais été à ce jour. Il s'agit de celles retenues lors des différents séminaires organisés du temps où cette institution avait son poids dans la politique de développement du pays du gouvernement. Aujourd'hui, tout a changé puisque la pêche fait partie intégrante des activités du ministère de l'Agriculture, du développement rural et de la pêche. C'est pourquoi, au niveau des pêcheries et des pêcheurs il n'y a plus de détermination comme le début des années 2000. Notamment au lendemain des séminaires régionaux qui ont vu des experts intervenir pour avancer des propositions concrètes allant dans le sens du développement du secteur. L'on est loin des engagements pris d'un commun accord avec le ministre de la Pêche et des Ressources Halieutiques (MPRH), seule institution en mesure de regrouper dans le cadre des rencontres les armateurs, marins pêcheurs transformateurs et autres investisseurs de toutes les wilayas du pays.
Aujourd'hui, les recommandations et les adhésions retenues lors des différents et nombreux regroupements locaux, sont archivées. A l'image de celles approuvées à Annaba portant sur la stratégie nationale et sur le programme quinquennal 2015/2019. Elaborée par le MPRH, cette stratégie devait permettre le succès des prévisions de «aquapêche bleue 2020». Les concepteurs avaient estimé nécessaire l'utilisation des expériences vécues par les professionnels des métiers de la mer du bassin méditerranéen. «Pour éviter les erreurs» avait-on précisé. La poursuite de l'application de la feuille de route qui balise l'ensemble des activités pour le développement de la pêche et de l'aquaculture avait été également préconisée. Particulièrement en ce qui concerne la modernisation des équipements. «Cette démarche est incontournable pour prétendre atteindre l'objectif des 200.000 tonnes/an à l'horizon 2020 avait-on souligné. Ce qui ne devrait pas empêcher de sauvegarder les ressources naturelles par une exploitation rationnelle.
A quelques encablures de ce rendez-vous, nous avons fait le contraire. La production a baissé. Les pêcheurs sont de plus en plus découragé par un secteur devenu difficile à maîtriser», a indiqué Djamel Telli président de la Chambre de la Pêche de Annaba contacté téléphoniquement. Il est aussi membre actif de la chambre nationale de la pêche. Contrairement aux résolutions retenues lors des séminaires et autres manifestations organisationnelles du secteur, rien n'a été fait. Y compris la mise en ?uvre du processus d'implémentation du plan opérationnel 2015/2019, la charte d'adhésion volontaire pour un développement responsable et durable de la pêche et de l'aquaculture. Le découragement a gagné les uns et les autres acteurs directs de cette filière, Ce découragement est latent en termes de suivi des recommandations régionales issues du processus de concertation sur «aquapêche 2020» d'abord.
En matière de grandes lignes de la charte d'adhésion volontaire pour un développement responsable et durable de la pêche et de l'aquaculture, ensuite. «Nous devons exploiter les expériences des professionnels des activités de la pêche du bassin méditerranéen pour éviter les erreurs» serait le mot d'ordre qui fait consensus dans le milieu des pêcheurs. Il est également question de formation des effectifs dont les plongeurs. Ces derniers attendent depuis le début des années 2000, une école de formation. Elle était prévue pour être construite dans la wilaya de Tarf. Elle ne vient toujours pas d'après plusieurs de nos interlocuteurs. Etablissement des statistiques par échantillonnage ainsi que l'identification des espèces et des engins au titre d'indicateurs socio-économiques figurent dans les discussions des uns et des autres tout autant que la réalisation des pêcheries dans chaque wilaya côtière.Tout en prenant en compte la période d'instabilité politique et socio-économique qui caractérise la situation du pays, les pêcheurs estiment nécessaires de nouveaux investissements privés dans le secteur, l'extension à l'échelle nationale des activités mises en ?uvre et la création de l'observatoire socio-économique national des pêches.
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