
Les augmentations salariales n'ont eu aucun effet sur le pouvoir d'achat des ménages, tant l'inflation continue à mettre à rude épreuve tous les efforts de l'Etat.Annaba compte au moins 14.000 familles démunies pour l'année 2014, avec une augmentation de 3200 familles par rapport à 2013. Des familles vivent au-dessous du seuil de pauvreté, et survivent avec 300 DA/mois, aide versée par la DAS. Il faut dire qu'au moment où la pauvreté demeure une atteinte aux droits de l'homme, l'Etat qui est vraisemblablement impuissant face à cette situation, tente de changer la dénomination de la pauvreté, par «démunies».Dans tous les cas de figure, qu'ils soient pauvres ou démunis, ces milliers de pauvres peinent à subvenir à leurs besoins les plus élémentaires. Une femme raconte: «Je vis avec 7000 DA/mois. Je travaille en tant que femme de ménage, et vous ne pouvez pas imaginer le sentiment de ne pouvoir subvenir aux besoins minimums du jour.»Une réalité qui révèle un problème bien plus vaste. Au cours des dernières années et, selon les économistes, les ménages consacrent environ 60% de leur revenu mensuel à la nourriture. Abdeljaoued KH, économiste à l'institut d'économie de Annaba estime que la véritable raison de l'inflation actuelle réside dans le fait que le gouvernement ne protège pas les consommateurs. Pour s'en convaincre, une virée au marché d'El Hattab s'impose.Le constat est édifiant: 1400 DA le kilo de viande de mouton, 1200 DA le kilo de viande de boeuf et 500 DA le kilo de sardines, seule la carcasse de poulet est abordable pour les consommateurs. Les prix des fruits et légumes ont triplé et les produits de large consommation sont hors de portée de nombreuses bourses. «L'avenir pourrait être encore pire», dira l'économiste. «Les prix pourraient augmenter encore plus, notamment en cette période d'austérité», devait-il ajouter. Une situation qui risque de placer un grand nombre de familles doublement sous le seuil de pauvreté.«Il y a plus de personnes pauvres qui souffrent et plus de Annabis qui pourraient devenir plus pauvres à cause des prix élevés et instables des produits de consommation», nous dira un membre de l'Association de la protection du consommateur à Annaba.Après les produits alimentaires, l'augmentation des matériaux de construction, ciment, sable et rond à béton entre autres, dont l'augmentation des prix est venue s'ajouter à une hausse qui ne dit pas son nom.Les vendeurs des matériaux de construction du champ de Mars, à Annaba, n'arrivent pas à expliquer les dernières augmentations.Par rapport à l'année précédente et celle d'avant, les prix du sable, du bois, du rond à béton et du ciment connaissent une hausse exorbitante, affirment les gérants des PME de la distribution.La cherté de la vie ne reste pas à ce seul niveau, d'autres volets manifestent la même tendance haussière.En trois mois, le coût moyen de la vie a triplé, voire quadruplé, transformant ainsi le quotidien des ménages annabis en prouesse pour lutter contre les abus des commerçants.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Wahida BAHRI
Source : www.lexpressiondz.com