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Une campagne sans intérêt



Une campagne sans intérêt
Mohamed RahmaniDe mémoire d'Annabi, jamais campagne n'a été aussi plate, aussi insipide, aussi ennuyeuse que celle pour la présidentielle qui, pendant 3 semaines, avait pourtant tenté de mobiliser et de convaincre en dépêchant sur la place d'Annaba de «grosses cylindrées» censées enflammer les foules. Louisa Hanoune, qui avait inauguré cette campagne, avait quelque peu attiré par le fait qu'elle symbolise la lutte des classes ouvrières avec son franc parler, ses positions arrêtées faisant du protectionnisme économique son cheval de bataille, un combat d'arrière-garde balayé par une mondialisation qui est venue sur tout. Dans son discours devant une assistance assez nombreuse, dont le syndicat d'ArcelorMittal a été le principal pourvoyeur, la passionaria s'est évertuée à rappeler la renationalisation d'El Hadjar pour annoncer que prochainement ce serait le tour de Fertial. Au même moment des ouvriers mis au chômage par le complexe sidérurgique manifestaient dehors pour signifier leur mécontentement et dire que les discours ne font pas vivre et ne changent rien.Saâdani qui a pris son bâton de pèlerin pour venir draguer l'électorat dans la 4e ville d'Algérie ne s'est pas trop investi, sachant que la salle lui était toute acquise, avec un bref discours qui avait duré en tout et pour tout11 minutes et 30 secondes, avant de repartir en grande pompe. Dehors, les anti 4e mandat criaient leur désapprobation tout en dénigrant le personnage sous l'?il passif des policiers en faction. Amara Benyounès et Amar Ghoul n'avaient pas dérogé à la règle en prononçant le même discours avec une adaptation pour la localité, un bis repetita qui ne plaît guère tant on l'a ressassé et trituré. Une overdose inspirée par le bilan du président candidat dont on a fait tout un programme mais qui n'a pas vraiment convaincu. Les 2 ministres s'étaient pourtant démenés comme des diables pour faire passer la pilule mais, excepté les inconditionnels du cercle présidentiel, le reste tout le reste n'y a pas cru une seconde. Chacun avait sa propre lecture et son analyse, dont l'architecture a pour base une opposition qui assène des contre-arguments imparables.Le mouvement Barakat s'était, lui aussi, manifesté pour exprimer son opposition à un 4e mandat qu'il juge dangereux pour le pays en appelant au boycott. Ils étaient quelques dizaines à crier leur refus de ce scrutin qu'ils qualifient de mascarade électorale. Mais apparemment la majorité n'y a pas prêté attention, sauf peut-être quelques mécontents qui avaient rejoint le mouvement.Benflis avec sa verve habituelle, s'est employé à seriner un discours dans lequel il a parlé de la situation du pays tout en promettant des changements profonds dans la gestion et le choix des hommes qui accèderont aux responsabilité non sans lancer au passage des piques à l'adversaire. La fraude étant une constante dans son discours, l'ex-Chef du gouvernement dira que si les voix des citoyens sont confisquées ou détournées, il ne restera pas les bras croisés. Ce qui a donné lieu à des appréhensions quant au lendemain de l'élection présidentielle du 17 avril.Sellal venu clore cette campagne à Annaba, dimanche passé, se sentait chez lui avec une organisation qui tient du show hollywoodien, une sorte de campagne à l'américaine où l'on a ramené de partout des partisans pour remplir une partie du stade Chabou. Le discours improvisé n'avait rien de politique, pas de projection à long terme, pas de vision claire. Le directeur de campagne du président candidat est lui aussi revenu sur le bilan du président sortant pour promettre encore d'autres réalisations sans plus.Ali Fawzi Rebaïne, Abdelaziz Belaïd et Moussa Touati n'avaient pas daigné fouler le sol d'Annaba et sont restés inconnus au bataillon. Peut-être avaient-ils jugé inutile leur déplacement sachant qu'ils se retrouveraient dans des salles vides ce qui les aurait considérablement gênés.Ce qui est sûr c'est qu'à Annaba la désaffection et l'indifférence sont perceptibles, car même les sites d'affichage sont ignorés par le public qui continue à vaquer à ses occupations. Les meetings et les rassemblements n'ont pas drainé des foules et c'est tout juste si les directions de campagne ont pu déplacer leurs militants et sympathisants pour sauver la face.Dans la rue, on écarte d'office les autres candidats et, selon les affirmations des uns et des autres, le duel sera entre Benflis et Bouteflika, le premier étant devenu au fil de la campagne un adversaire sérieux qui a ses partisans et ses soutiens. Il se pourrait qu'il y ait un 2e tour qui départagerait les2 candidats en lice, entre-temps tout le monde retient son souffle et espère que tout se passera dans le calme. Inchallah !M. R.


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