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Un village sans eau depuis 22 jours



Un village sans eau depuis 22 jours
Les habitants de Layeb Amar, appréhendent le scénario de la sécheresse de l'année dernière à la même période.Les habitants du passage Erramel, quartier Mahroug entre autres agglomérations relevant de la localité de Layeb Amar, commune de Oued Laneb, daïra de Berrahal, expriment leur colère quant à la sécheresse des robinets de leurs ménages. Très peu alimentées, pour ne pas dire pas alimentées du tout, ces localités n'ont pas vu l'eau potable couler dans leurs robinets depuis plus de 22 jours, selon les usagers. Ces derniers sont alimentés par camions-citernes, sillonnant les différentes agglomérations de cette localité, dont les habitant, achètent cette denrée précieuse à raison de 30 DA le jerrycan ou bidon de 20 litres.Au moment où l'on croyait que ce genre de situation, voire de décor a été banni à jamais, la réalité a malheureusement été choquante, de voir que l'eau en Algérie se vend encore à dos d'âne et dans des camions-citernes. Ces éternelles pénuries d'eau pénalisent fortement les habitants de ces agglomérations, qui en réalité sont pour la plupart des familles démunies et ne pouvant pas se permettre des dépenses, censées ne pas faire partie du lot de leurs soucis. «Nous sommes approvisionnés en moyenne une fois tous les 20 jours. Mais maintenant, regardez comment ça se passe. Depuis le mois de mai, plus une goutte ne coule de nos robinets», indique ce groupe de villageois rencontrés sur la placette centrale du passage Erramel. Malgré l'omniprésence des forêts de chênes-lièges, la chaleur est étouffante dans cette zone de la wilaya de Annaba. C'est dire que la chaleur signifie eau pour se rafraîchir.Malheureusement, cette partie de Annaba a très soif, comme beaucoup de communes à travers le territoire de toute la wilaya. «C'est le deuxième été et c'est le second Ramadhan que l'on passe dans la souffrance par manque d'eau», nous explique âmmi Saci, 60 ans très en colère quant à la situation qui perdure: «Quand on voit que l'Algérie dispose de ressources inestimables pouvant lui permettre de vivre presque dans l'excès et que l'eau ne coule plus à nos robinets, je me demande à quoi a servi le sacrifice de nos glorieux chouahada», a déploré le vieillard.«Pourquoi les pouvoirs locaux négligent-ils les habitants des petits douars' Eux peuvent-ils rester sans eau'», s'est demandé notre interlocuteur. En ajoutant: «Cette eau-là nous sert surtout pour les tâches ménagères car, la pureté laisse à désirer». Aâmmi Saci tout autant que les habitants de cette localité n'a pas caché son dégoût pour les autorités et semble comprendre les soulèvements qui peuvent être déclenchées, telles que routes fermées, pneus brûlés, voire émeutes. «Ce pays ne nous appartient déjà plus, à moi et à ceux de ma génération. Il appartient à ces jeunes qui sont nés après l'indépendance et qui ont plein de qualités eux aussi, mais, Allah ghaleb, ceux qui sont à Alger ignorent ou feignent d'ignorer cette valeur.» La discussion prend une tournure clairement politique lorsque l'épicier évoque une éventualité d'émeutes. «Nous avons eu les émeutes de l'huile, du sucre, du lait, de la semoule, alors pourquoi pas des émeutes de l'eau' De toute façon, pour un pays où chacun devrait disposer de ce liquide, ce sont toutes les institutions qu'il faut changer.«Ce sont tous des menteurs, rien de plus, on ne les croit plus.», ont crié les dizaines d'habitants rencontrés au quartier Mahroug. En attendant que les responsables de l'ADE, daignent prendre en charge cette doléance élémentaire, les habitants des différents quartiers de la localité de Layeb Amar, devront subir une soif forcée, notamment en cette période de grandes chaleurs et à moins d'une semaine du mois de Ramadhan.


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