La célébration du mois du patrimoine (18 avril-18 mai) a donné lieu à de riches activités dans la wilaya de Annaba.A Annaba, le coup d'envoi de cette célébration a été donné, jeudi dernier, au Palais de la culture et des arts Mohamed-Boudiaf, dans une ambiance festive, en présence du premier responsable de la wilaya de Annaba et des autorités locales et du mouvement associatif culturel.Des expositions d'habits traditionnels, d'objets artisanaux et de mets du terroir ont été organisées à cette occasion par diverses associations locales, en coordination avec la direction de la culture et l'Assemblée populaire communale de Annaba. Pour la circonstance, la direction de la culture a élaboré un riche programme d'activités pour ce mois du patrimoine 2014, placé, cette année, sous le signe de «la connaissance du patrimoine culturel à l'ère du numérique». Cette édition du mois du patrimoine est marquée pour cette année, par la participation exceptionnelle des locataires de la maison d'arrêt d'El Bouni. Cette participation première du genre, a permis aux détenus, d'une part, de présenter leurs activités qui, consiste en la présentation de plusieurs toiles, peintes avec une grande générosité de l'esprit de prisonniers, et, d'autre part, de faire part de leur volonté de réinsertion au sein de cette société qui, par cette initiative oeuvre quant à leur réintégration au sein des rangs de la bonne citoyenneté.Par ailleurs, il est à retenir que cette année le mois du patrimoine variant entre diverses activités, allant de l'habillement traditionnel, poterie et dinanderie jusqu'aux chants traditionnels; il demeure néanmoins que, l'anneau manquant est celui de l'habitat antique, appelé aussi les anciennes demeures de la ville de Annaba. C'est dire que l'on se demande aussi qu'en est-il de la vieille ville qui fait, elle aussi, partie intégrante du patrimoine national et local. En effet, la restauration de la vieille ville est encore et toujours un sujet récurrent. La restauration de la vieille ville de Annaba traîne en longueur en dépit de la volonté des uns et des autres de préserver et de protéger ce qui reste de la cité Bouna-El aâtika du souverain Mohamed Ibn Ziri, originaire et transfuge d'Andalousie, qui a voulu en faire «la ville première». Il s'agit d'un sujet récurrent qui frappe la conscience, surtout en période hivernale, où les risques d'effondrement des bâtisses de la vieille ville inquiètent de plus en plus à cause des fortes chutes de pluie. D'ailleurs, la place d'Armes, baptisée place du 19-Mai-1956, en commémoration de la répression coloniale qui s'est abattue sur sa population, un jour de fête de l'Achoura, en réponse à un attentat perpétré par deux résistants de la Révolution algérienne, contre deux parachutistes, a été amputée de quelques bâtisses qui l'entouraient, créant ainsi un vide, rapidement squatté par des vendeurs de fruits et légumes. Devenue, ces dernières années, un centre de transit ou de passage pour des gens en quête d'un logement social et des bandes de Noirs africains qui s'adonnent à tous trafics confondus, la vieille ville risque de disparaître un jour si des actions urgentes de réhabilitation ne sont pas entreprises. La nature juridique de l'immobilier ne doit pas constituer un frein à la restauration de la vieille ville, estime un de ses nostalgiques qui souhaite que l'Etat aide les propriétaires ou les locataires des maisons à reconstruire ou conforter le bâti en respectant son architecture authentique. D'autres habitants de Annaba se demandent pourquoi la vieille ville d'Abou Merouane n'est pas encore classée patrimoine universel, d'autant plus que celle-ci avait bénéficié d'un financement extérieur pour la rénovation de son réseau d'assainissement et d'AEP. En attendant, la ville ottomane vivra un autre hiver sous la menace de perdre une partie de son histoire. L'Office communal pour la restauration et l'aménagement de la vieille ville, en dépit de sa bonne volonté, ne peut rien faire à lui seul pour sauver ce patrimoine, surtout si l'on sait que jusqu'à ce jour, rien de ce que l'Etat a prévu en matière de restauration des vieilles villes n'a été entrepris, du moins pour ce patrimoine architectural de la wilaya de Annaba. Pour l'heure, le mois du patrimoine n'a pas changé, des années durant. Chaque année, le mois du patrimoine se réduit à un rituel où «les institutions culturelles se sentent presque obligées de le faire avec des activités en salle fermée et durant des jours ouvrables (conférences, expositions de photos, etc.), c'est-à-dire des activités de tous les jours, censées être menées toute l'année et qu'on reconduit machinalement et sans conviction». Ainsi, les manifestations restent riches et hautes en couleur, suscitant la participation nombreuse du public et favorisant l'appropriation des populations de leur patrimoine, mais sans la moindre dimension nationale, encore moins locale. Alors, à quoi sert le moisdu patrimoine'
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Wahida BAHRI
Source : www.lexpressiondz.com