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Trafic sur les postes à quai



Trafic sur les postes à quai
Les dix plus importants ports de pêche du pays sont confrontés à un vaste trafic de cession et location de postes à quai. Bien qu'incessibles occasionnellement ou pour une durée indéterminée, ces infrastructures destinées au développement de la pêche, font le bonheur de ceux qui s'y adonnent.La transaction dont le montant s'élève de 2 à 5 millions DA le poste fait l'objet d'un acte notarié sous la forme d'un prêt du bateau appelé à y être amarré pour une longue période. Ce qui explique la baisse, chaque année un peu plus, du rendement en termes de production de poissons. Que ce soit à Alger, Oran, Annaba, Jijel, El Kala et bien d'autres ports, les voiliers et autres embarcation de plaisances immobilisés à longueur d'années occupent les postes à quai. Cela se fait au détriment des pêcheurs.Baisse de la production de poisson et également du nombre d'acteurs directs des activités de la mer. Alors que les précédentes années, quelque 70 000 rôles de pêches étaient inscrits sur les registres du secteur national de la pêche établis au titre de travailleurs de la mer, ce chiffre s'est réduit comme une peau de chagrin. L'on avait cru qu'avec le lancement en 2014 par le ministère de la Pêche et des Ressources halieutiques du plan quinquennal 2015-2019 (à l'époque en charge de Sid Ali Ferroukhi), ce nombre allait augmenter. Et pour cause, le même ministère avait annoncé la création de 30 000 postes de travail de 2015 à 2019.Dans sa recherche des moyens pour atteindre cet objectif, le premier responsable de ce secteur à l'échelle nationale, initiateur du plan quinquennal 2015-2019, de la charte nationale volontaire du pêcheur et de la note relative à la mise en place du processus d'implémentation du plan opérationnel «aquaculture 2020» avait voulu briser le cloisonnement total de son secteur. Ce «cloisonnement» était l'?uvre de la mafia de la pêche et de l'aquaculture. S'étant révélée dans la pêche illicite du corail et dans l'interdiction imposée par des hommes de main aux armateurs, patrons de pêche, pêcheurs et poissonniers, cette mafia empêche tout amarrage de bâteau de pêche à un poste à quai placée sous sa coupe.Durant des années, elle a tacitement imposé aux directions centrales et celles de wilaya de ne pas travailler dans le sens du développement de la pêche et de l'aquaculture. C'est ce qu'avait mis en relief le ministère de la Pêche dans ses interventions faites lors des différentes rencontres organisées au niveau national, régional et de wilaya. Depuis l'année 2015, bureaucratie et corruption aidant, la question du développement de la pêche, de l'aquaculture et du corail a été mise aux oubliettes.Elle le sera davantage après la décision d'affecter le secteur de la pêche et des ressources halieutiques au ministère de l'Agriculture. Une année après, sous l'impulsion des membres de la mafia, le dossier pêche n'a pas fini de rebondir. Le trafic sur les postes à quai dans différents ports dont celui d'Annaba. A ce niveau, ce trafic fait fureur, continue de diviser et de bousculer les clivages entre les pouvoirs publics, les armateurs, les patrons de pêche, marins pêcheurs et autres spécialistes des activités de la mer. Même l'entretien et la maintenance des chalutiers, sardiniers et petits métiers est sous l'emprise du mal.Le dossier avait été succinctement abordé lors de la conférence nationale organisée à Alger. Les gens de la mer n'avaient malheureusement pas pu faire entendre leur voix pour dénoncer les blocages auxquels ils sont constamment confrontés. Après plusieurs années d'atonie, le secteur de la pêche avait pris option pour réussi le plan quinquennal 2015/2019 et la note mise en place du processus d'implémentation du plan opérationnel aquarelle 2020. Deux années après, force est de constater que les ambitions des uns et des autres se sont dissipées.On est loin, très loin des 200 000 tonnes de poissons objectif que le ministère de la Pêche et des Ressources halieutiques s'est engagé à atteindre annuellement. Le même désenchantement caractérise le projet de réalisation de 25 ports, 44 poissonneries et l'acquisition de 2 500 chalutiers. A ce jour, rien n'a été fait. Initialement prévue à 1 000 milliards DA, pour la réussite du plan quinquennal 2015-2019 et de la note «Aquarelle 2020» l'enveloppe financière a été réduite à 110 milliards DA.
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