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Trafic de drogue et contrebande d'objets archéologiques



Trafic de drogue et contrebande d'objets archéologiques
Ce que les éléments des Douanes algériennes en poste aux frontières Est, notamment à Oum Teboul, dans la wilaya d'El-Tarf, n'arrivent pas à faire, leurs homologues des brigades judiciaires de la police et de la gendarmerie l'ont réalisé.
Ainsi, après le démantèlement d'un réseau international de trafics divers, dont la fausse monnaie nationale et étrangère et les faux documents de circulation automobile, c'est au tour des membres du réseau de trafic de stupéfiants de tomber l'un après l'autre. Encore une fois, c'est à Annaba, transformée, avec la complicité de certains responsables des douanes algériennes aux frontières terrestres, maritimes et aériennes, en plaque tournante de tous les trafics, opérations de contrebande et autres actes d'atteinte à l'économie nationale, que le chef de ce groupe de criminels a été appréhendé. C'était quelques minutes avant la rupture du jeûne. C'est-à-dire le moment où l'esprit des uns et des autres étaient beaucoup plus tournés vers l'appel à la prière du Maghreb. C'était sans compter sur la vigilance des éléments de la Brigade mobile de police judiciaire. M. Brahim, qui s'avérera par la suite un des principaux animateurs du réseau de trafic de stupéfiants, l'apprendra à ses dépens. Il, selon nos sources, transportait 20 kg de cocaïne, des psychotropes par milliers et une quantité qualifiée d'importante de kif traité. Interpellé au passage d'un barrage fixe, il n'a pas attendu d'être dans les locaux de la sûreté de wilaya d'Annaba pour donner les noms de plusieurs de ses complices. Prolixe en informations, il aurait même avoué que la drogue dure provenait des frontières tunisiennes via le poste frontalier d'Oum Teboul. C'est ce que d'aucuns qualifient de «filière tunisienne» du trafic et contrebande tout genre sur fond de rébellion libyenne. Une filière dont les tentacules s'étendraient loin dans plusieurs pays européens riverains de la Méditerranée. Selon des sources crédibles, jusqu'à la révolution du jasmin en Tunisie, cette filière, animée par des proches de la famille du président déchu Zine Abbedine Ben Ali et de son épouse, avait ses entrées dans le milieu des douanes algériennes. De la région d'Annaba notamment où, des responsables occupent le même poste depuis plus d'une décennie grâce à leurs relations avec la Direction générale des douanes (DGD). C'est du reste un des aspects, parmi plusieurs autres, que dénoncent les officiers, brigadiers et agents des douanes algériennes de la région d'Annaba dans leur lettre ouverte de sept pages adressée le 3 août 2011 au président de la République. Elle est intitulée : «Faites quelque chose Monsieur le président ' basta el chipa fi douana». Ses signataires dénoncent, avec force détails, un grand nombre d'affaires d'une extrême gravité dans lesquelles sont directement ou indirectement impliqués leurs responsables à différents niveaux de responsabilité. Récemment révélées dans des articles de différents titres de la presse nationale, beaucoup de ces affaires ont entraîné la réaction des services de police locaux instruits à l'effet d'entamer une enquête approfondie. Ce qui n'est pas le cas de la DGD. Elle semble vouloir aller à contre-sens des dispositions de l'ordonnance 05/06 du 25 août 2005 portant lutte contre la corruption. Sans même s'assurer de la véracité ou non des faits dénoncés par ses propres officiers et syndicalistes, cette institution poursuit en justice pour diffamation les journalistes des titres à l'origine des révélations. «La citation des journalistes à comparaître devant le juge d'instruction nous permettra d'identifier leurs sources douanières. Nous sévirons avec rigueur contre les agents, officiers et syndicalistes auteurs des révélations sur les dossiers de corruption, narcotrafics, blanchiment d'argent, transferts illicites de fonds'», a menacé le responsable de douanes à Annaba. Entre temps, au port et à l'aéroport d'Annaba, aux frontières terrestres de l'extrême Est du pays, les atteintes à l'économie nationale se poursuivent. Pour preuve, le trafic du carburant à grande échelle qui se poursuit toujours à Tébessa, Souk Ahras et Tarf, celui des voitures de luxe volées en France et exportées en Algérie sous le couvert de faux documents, des armes de poing et fusils de chasse, des portables' C'est dire que les douanes algériennes fonctionnent très mal dans ces régions où la situation empire chaque année un peu plus avec le maintien à des postes clés de responsables dont la vénalité est clairement démontrée. Cette situation a stimulé l'appétit des spécialistes de la contrebande des objets archéologiques. Après avoir connu une relative accalmie, cette contrebande a repris son activité ces deux dernières années à l'Est du pays. L'anarchie sévissant dans la gestion de nos musées à ciel ouvert (Hippone-Djemila- Thevest- Madaure- Tagaste- Calama, Stora') les fouilles clandestines sont effectuées généralement de nuit. Tout autant que ceux disparus les précédentes années de ces musées et d'autres aux portes pourtant fermées à double tour, un grand nombre d'objets archéologiques et anciennes pièces découverts ont traversé nos frontières avec la complicité des mêmes douaniers ripoux.
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