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Saisie des embarcations algériennes au port de Tabarka en Tunisie



Saisie des embarcations algériennes au port de Tabarka en Tunisie
L'affaire des trafiquants tunisiens du corail a pris une autre tournure avec la saisine du tribunal portant sur une tentative d'agression, à l'arme blanche, d'un colonel responsable local des garde-côtes algériens dans l'exercice de ses fonctions.
Cette affaire s'ajoute à celle du trafic du corail pour laquelle, outre la saisie du corail récolté et du chalutier équipé de moyens sophistiqués, les 4 marins et leur patron, tous tunisiens, ont été condamnés à diverses peines de prison ferme, alors que deux autres ont écopé d'une peine d'emprisonnement avec sursis. De simple affaire de droit pénal, le dossier est à même de se transformer en véritable crise entre gens de la mer d'un côté et de l'autre de la frontière. La situation s'est aggravée avec avec la plainte déposée par les responsables des garde- côtes de la Façade maritime est pour tentative d'agression agression commise à l'arme blanche par un patron de pêche tunisien sur la personne de l'officier supérieur chargé du contrôle. Aggravée aussi au regard de la détermination des gens de la mer de Tabarka et de Tunis de s'opposer «par la force s'il faut» à toute tentative d'évacuation des embarcations algériennes soumises à des travaux de carénage à Tabarka, la ville côtière à la frontière algéro-tunisienne. Cette tentative aurait été inspirée par un patron de pêche tunisien. Voyant son embarcation saisie avec en sus sa condamnation à 3 ans de prison ferme par le tribunal d'El-Tarf, il a violemment réagi en tentant d'étriper à coup de couteau de boucher l'officier algérien. Pourtant, les faits reprochés à ce patron de pêche tunisien sont avérés. Il s'agit de l'accès illégal dans les eaux territoriales algériennes et la pêche illicite de corail. Selon des sources proches du dossier, ce patron serait un récidiviste notoire dans la pêche illicite du corail. Il n'en est pas à sa première affaire avec les garde- côtes algériens qui, à chaque fois et avant qu'il ne soit relâché après une interpellation conforme à la réglementation, le mettent en garde. Cette fois-ci, parce que le pillage des côtes corallifères algériennes par les Tunisiens aidés par des Italiens avaient dépassé les limites, le général Derouiche ayant compétence sur la Façade maritime est (une des trois zones définies dans le découpage national maritime) a décidé d'y mettre un terme. D'autant que pour permettre à ce produit réellement massacré de se régénérer, la pêche du corail était interdite dans les eaux territoriales algériennes depuis 2005. Apparemment, l'avertissement des Algériens n'a pas été pris en compte par les trafiquants tunisiens et italiens encouragés, il est vrai, par des comparses établis à Annaba et El-Kala. Bien que l'arraisonnement de leur embarcation s'était déroulée en conformité avec les lois internationales régissant les interventions de police dans les eaux territoriales de chaque pays, les pêcheurs tunisiens ne l'ont pas admis. Profitant de l'anarchie et de l'insécurité sévissant en Tunisie, leurs complices à Tabarka et Tunis se sont accaparé 5 chalutiers algériens. Ces derniers étaient en réparation dans le port de Tabarka. La tentative des garde-côtes tunisiens de les en empêcher a été rapidement annihilée par la détermination des trafiquants quant à mettre le feu aux embarcations algériennes et au siège de l'autorité maritime tunisienne. C'est donc pour éviter d'envenimer la situation que les services de sécurité tunisiens se seraient abstenus de toute intervention. Et pourtant, les travaux de carénage qu'effectuent annuellement les patrons de pêche algériens sur leurs embarcations à Tabarka représentent une manne financière importante tant pour les réparateurs maritimes que pour les hôteliers et autres restaurants de Tabarka. D'autant, précisent nos sources, que pour chaque opération de carénage, les patrons algériens déboursent chacun l'équivalent de 1 500 euros au minimum. A ce montant s'ajoute celui de la prise en charge sur le site de Tabarka de l'équipage composé de 5 marins. «L'on ne se déplace pas à Tabarka pour faire du tourisme mains contraints et forcés afin de procéder aux travaux de carénage de notre outil de production. C'est malheureux, 50 années après l'indépendance de notre pays, nous sommes encore dans l'incapacité de procéder nous-mêmes à ce genre d'activité indispensable pour le développement du secteur de la pêche. S'ils coûtent énormément chers au Trésor public algérien, ces travaux effectués en Tunisie nous privent de postes de travail pour notre jeunesse. Il est temps que cela cesse et cette affaire de trafiquants de corail tunisien intervient à temps pour que ce dossier soit pris en charge. C'est ce que nous n'avons pas cessé de réclamer depuis longtemps, en vain», avoue un des patrons de pêche. Pour l'heure, au port de pêche de la Grenouillère comme du côté de celui d'El-Kala, la colère gronde. Les gens de la mer menacent de recourir à des meures de représailles à l'image d'une opération de boycott de la Tunisie par les touristes algériens. «Dans tous les cas, nous, patrons de pêche, avons décidé de de ne plus nous rendre en Tunisie pour procéder aux travaux de carénage. Le ministère algérien de la Pêche est plus que jamais interpellé pour alléger la procédure d'agrément des entreprises spécialisés dans les travaux de carénage en Algérie», estiment les patrons de pêche réunis en cellule de crise au port de Annaba.
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