Un passif handicapant
L?objectif étant la réussite du programme de relance économique, et en 2005, on est toujours à compter les incompétences, les affaires de corruption et le trafic d?influence. Le début de l?année avait été entamé avec l?accident du précédent wali suivi 6 mois après par son éviction et la mise sous mandat de dépôt du P/APC de Sidi Amar avec plusieurs de ses proches collaborateurs. Ont suivi les dossiers à scandales de la coopérative agricole Essaâda, sur lesquels enquête la gendarmerie, celui du concentré de tomate importé licitement et illicitement, de la tomate fraîche et les révélations sur les 300 millions de dinars engagés en pure perte par le Trésor public pour la première étape de la mise en valeur du lac Fezzara. Trois années après son démarrage, cette mise en valeur tarde encore à se concrétiser. En 2006, c?est apparemment au pire auquel doivent s?attendre les plus de 500 000 habitants des 6 daïras et des 12 communes. Les prémices sont annoncées avec la guéguerre qui oppose, depuis des mois, le maire du chef-lieu de wilaya au chef de daïra. Le premier a déjà des relations très tendues avec les élus de sa majorité FLN. Au wali qui leur rendait visite, les citoyens d?El Eulma ont exprimé avec une certaine agressivité ce qu?ils pensaient de la gestion de leur commune. Début septembre 2005, plusieurs dizaines de familles, occupant les logements des derniers étages des bâtiments à Boukhmira Sidi Salem (El Bouni), ont été invitées à déménager. « On nous a demandé d?aller n?importe où l?espace de quelques semaines, le temps que notre toiture emportée par les intempéries soit réparée. Nous l?avons fait, mais au rythme de l?état d?avancement des travaux, il est certain que nous ne réintégrerons pas nos maisons avant des années. Comme vous pouvez le constater, les chantiers sont vides », confie M. Brahim père de 5 enfants. Aujourd?hui encore, ces familles vivent dans des vides sanitaires qu?elles ont squattés. Sur les hauteurs de la cité Boukhadra, 300 familles appréhendent l?effondrement des logements sociaux qu?on leur avait attribués. Avec des murs extérieurs et intérieurs et des dalles fissurés, un sol dangereusement instable et une toiture emportée par les intempéries, les logements présentent un risque certain d?effondrement. Ces familles se contenteront de la formule, genre noyer le poisson dans l?eau, exprimée par le directeur de l?exécutif à l?adresse des responsables de ces situations : « Faites-moi un audit pour situer les responsabilités ». Cette prise de position publiquement affichée maintes fois lors des visites de travail et d?inspection des communes, quartiers et citées a été qualifiée de provocation par de nombreux habitants. Et pour cause, elle est identique à celle qu?avaient adoptée ses prédécesseurs ces vingt dernières années. Les audits et les enquêtes se sont succédé avec des conclusions accablantes. Pas une seule fois, les responsables de pareilles situations pourtant clairement cités n?ont eu à rendre des comptes. C?est apparemment la même symphonie que le wali est en train de jouer aux citoyens et à leurs élus, dont les réactions sont placées sous le contrôle des commis de l?Etat conformément aux dispositions du code de wilaya ou communal.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Leïla Azzouz
Source : www.elwatan.com