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Quatre grévistes de la faim victimes de malaises



Quatre grévistes de la faim victimes de malaises
La chronique de la sidérurgie-métallurgie à Annaba tend à se réduire à un interminable feuilleton de confrontations entre la direction et les syndicats, ainsi qu'à une suite de débrayages et de grèves de la faim.N'ayant pu faire aboutir leurs revendications socioprofessionnelles, malgré une grève générale, qui se prolonge depuis la fin du mois d'avril, une vingtaine de travailleurs de l'Ampta (ex-Tuberie sans soudure d'El-Hadjar) ont décidé de camper de jour comme de nuit dans l'enceinte de l'entreprise et d'y observer un jeûne de protestation.Une grève de la faim sans assistance médicale, faut-il le signaler, qu'ils ont entamée en désespoir de cause, mardi dernier et qu'ils sont déterminés à poursuivre jusqu'à ce que les responsables de l'ex-TSS satisfassent à leurs revendications et surtout qu'ils reviennent sur la décision de licenciement dont font l'objet le secrétaire général et le président du Comité de participation de l'entreprise, insistent les grévistes. Dénonçant, tour à tour, l'indifférence des pouvoirs publics et l'attitude détachée et irresponsable des instances syndicales locales et nationales devant ce mouvement de contestation, qui ne trouve pas son épilogue, Lotfi Farah, le secrétaire général du syndicat de l'entreprise de tuberie métallique, avoue ne plus savoir à quel saint se vouer, tant la situation s'est enlisée. "Le site de l'entreprise est coupé du reste du complexe sidérurgique alors que le service minimum n'est assuré que par 12 personnes. De plus, la direction d'ArcelorMittal a privé cette zone d'eau et d'électricité depuis que nous y observons notre grève de la faim pour nous forcer, avec les quarante autres travailleurs qui sont à nos côtés, à quitter les lieux. Comble de la provocation, la direction a ordonné aujourd'hui (hier) qu'on bloque l'accès à tout véhicule et donc aux ambulances médicalisées de s'approcher de l'endroit où nous nous trouvons", s'indigne le représentant des travailleurs. Et de signaler que quatre d'entre ses compagnons, qui se sont avérés atteints de troubles cardiaques et respiratoires, ont éprouvé des malaises et ont été transférés vers la clinique du complexe avec les moyens du bord. "Personne ne veut plus se pencher sur le sort de l'entreprise et des 350 chefs de famille, qui y travaillent. C'est comme si ce conflit se passait ailleurs qu'en Algérie à la différence que les forces de sécurité, en l'occurrence les éléments de la Gendarmerie nationale, sont là pour nous malmener lorsque l'employeur le demande. Nous n'avons été jusqu'ici contactés que par l'ancien directeur général de l'Ampta, Saâd Djakani, qui a été délégué par le Groupe sidérurgique pour me proposer personnellement de casser la grève contre des avantages. Ce responsable m'a clairement offert un poste dans une autre entreprise du groupe si j'accepte de me retirer de ce conflit. Ce que j'ai bien évidemment refusé en faisant comprendre à l'émissaire marocain que les Algériens ont encore suffisamment de dignité pour mener jusqu'au bout un combat qu'ils jugent juste", a déclaré encore Lotfi Farah que nous avons contacté, hier, par téléphone. En revanche, il a été impossible de connaître la position de la direction générale de l'Ampta, l'ensemble des responsables étant injoignable.A. A


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