Annaba - A la une

Quand le portable se met à table



Quand le portable se met à table
Maître Sadat Aïcha porte un célèbre patronyme et elle a fait du beau boulot: mieux que Maître Djamel...
La jeune avocate de Blida, Maître Aïcha Sadat a eu une occasion en or de sauver la tête de son client poursuivi pour complicité de meurtre avec préméditation et guet-apens sur un jeune propriétaire d'une auto volée juste après son crime commis gratuitement car le seul vol aurait suffi!
L'occasion en or a été happée en plein vol lors de la courte mais efficace plaidoirie.
Une plaidoirie si bien fouillée que Menouar Antar, le président du tribunal criminel avait mis les «baffles» sonores pour bien suivre la logique de la jeune avocate. Elle fit de son mieux pour pousser les membres du tribunal criminel vers le portail de l'intime conviction autour de la version donnée par l'accusé que le juge d'instruction avait ménagé en évitant de lui coller la complicité de meurtre avec préméditation et guet-apens outre l'association de malfaiteurs qui englobe quatre accusés.
Et la version du jeune accusé fut donnée par Maître Sadat avec beaucoup de persuasion certes, mais aussi avec une forme d'émotion à faire vibrer Antar, le juge réputé rude, dure, rigoureux, qui ne joue jamais avec sa carrière ni le feu. Il est nettement apparu que le jeune accusé était entré dans une poste pour y effectuer une opération. Il prit son ticket numéroté et s'assit sagement attendant l'appel de son numéro. Et voilà qu'un autre jeune l'aborde et lui demande avec un large sourire vierge, de téléphoner à un ami pour lui rappeler le rendez-vous devant la poste. Ce jeune remit le portable à l'illustre inconnu qui s'éloigna de quelques mètres, donna le coup de fil et s'évapora dans la nature. Le pauvre jeune ignorait que le fait d'avoir remis son appareil de téléphone à un inconnu allait lui coûter cher, très cher...
En fait, ce qu'ignorait le jeune assis à la poste c'est que l'inconnu venait de fixer un rendez-vous à un autre jeune propriétaire d'une automobile. Un rendez-vous sanglant car plus tard, le cadavre du pauvre automobiliste avait été découvert par des passants qui alertèrent les services de sécurité.
Sur les lieux, les enquêteurs allaient être servis et très bien servis par l'idiotie des assassins qui, après avoir commis leur forfait, avaient pris le véhicule pour se diriger vers l'Est en vue de revendre le véhicule sans songer au...portable de la victime. Et son portable se mit de suite à table. Il y avait dans l'option «appels émis» le numéro du jeune de la poste. C'était parti. Le jeune fut vite interpellé, entendu et suivi par les flics qui avaient entre temps lancé un SOS de recherche de l'auto volée avec sa marque, sa couleur et son immatriculation. Les assassins furent arrêtés sur la RN5 se dirigeant sur Annaba où ils comptaient écouler l'auto volée et éclaboussée du sang d'un innocent.
L'avocate a effectué au passage une envolée en guise de «réprimande» en direction de la chambre d'accusation pour avoir mis à l'index son client qui est à la base de l'arrestation des voleurs-assassins. Elle venait de faire la démonstration de l'innocence de cet accusé plutôt victime du sort, qui, à l'issue des longues délibérations, a été acquitté au grand bonheur de Maître Sadat Aïcha qui prit acte du verdict concernant le reste des accusés qui ont écopé de la peine capitale.
Et si le pauvre bougre a retrouvé la liberté, il la doit surtout à une honnête composition du tribunal criminel mais encore à une Sadat accrocheuse à souhait qui a dépouillé le dossier et surtout cru son client qui a dû jurer de ne plus laisser seul son portable ni le prêter à de sinistres individus...
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