Diwan post-rock
Le groupe algérien Never Unknown, dont les musiciens sont éparpillés entre Guelma, Toulouse et Shanghai, vient d?enregistrer sa première maquette d?album dans les studios Visaprod de Constantine en prévision d?une édition définitive en France courant 2005. Le guitariste-chanteur Salim, étudiant en ethnologie et en musicologie à Toulouse, le bassiste Abdesslem, étudiant en musicologie à Shanghaï en Chine, le chanteur Imadeddine, étudiant en ethnologie à Toulouse ; le batteur Nabil, fonctionnaire des impôts à Guelma, et le guitariste-compositeur Rafik, informaticien dans cette ville de l?Est algérien, n?en sont pas à leur premier projet. Ces Guelmis dans le vent ont déjà été remarqués lors du Festival de rock de Annaba, ils ont également créé des bandes son pour des spectacles vivants et des pièces de théâtre. « Les trois titres en anglais et les deux autres en français sont nés d?une expérience de sept ans. Le genre post-rock déteint beaucoup sur ce travail, avec des influences multiculturelles, du gnaoui au jazz. Nous sommes originaires de la même ville, nous vivons dans des sphères culturelles différentes et cela permet une grande ouverture sur le monde », explique Salim. L?été 2004, les membres du groupe se sont attelés à finaliser l?album dans les studios constantinois de Visaprod. Une structure montée par un groupe de rock local qui avait peine à trouver des studios pour produire ses albums. Ces jeunes de Constantine ont alors pris le taureau par les cornes et ont fondé une société de production en y mettant le paquet : supports numériques, scène mobile, qualité de son impeccable, etc. La fusion de Never Unknown et de Visaprod a débouché sur un produit riche et frappant par sa qualité. Abdesslem a envoyé de Shanghai ses partitions via la messagerie électronique. Les titres de l?album se déclinent en autant d?étendards des combats actuels pour un monde juste et pluriel. « Imadeddine est le principal auteur de nos textes. Sans coller à une territorialité précise, nous voulons exprimer notre désapprobation face à la guerre, à l?éclatement social et au revers sauvage de la mondialisation », dit Salim. Petit détour du côté de quelques titres : le très gnaoui Cherket lehmoum (Société de soucis), Goldenbook (Livre d?or), déclaration anti-guerre, Wechbina (Que nous arrive-t-il ?), trip-hop grinçant, Juke-box, l?éditorial du groupe réclamant leur indépendance en matière de choix artistique. Le titre générique de l?album n?est pas encore divulgué. Le groupe a décidé de sortir son album en France sous un petit label car, selon Salim, les mécanismes de production, de diffusion et des droits d?auteur sont loin d?être au niveau en Algérie. Il regrette d?autant cet état de fait que d?autres groupes de rock sont réapparus après le crépuscule de la décennie 1990 tel que Anthropy ou Harb. D?après lui, il persiste des niches comme les studios Visaprod, mais il reste difficile de faire « sa » musique dans un environnement hostile à la création.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Adlène Meddi
Source : www.elwatan.com