De notre correspondant à AnnabaMohamed Rahmani
110 entreprises de sous-traitance travaillant pour le compte du complexe sidérurgique d'El Hadjar n'ont pas été payées depuis le mois de novembre 2012 et sont confrontées à de graves problèmes financiers. Ces entités économiques sous contrat et soumises à un cahier des charges qu'elles respectent à la lettre activent dans la maintenance industrielle, la maçonnerie, le nettoyage classique et industriel, le transport de matière première inter-unités et, pour certaines, l'approvisionnement et la livraison de produits spécifiques comme c'est le cas pour l'entreprise Codesid.
Toutes ces entreprises risquent de disparaître et voir les quelque 1 100 ouvriers mis au chômage parce que la situation financière du complexe sidérurgique est passée au rouge et les paiements se font au compte-gouttes malgré les clauses contractuelles stipulant que les prestataires sont réglés au plus tard dans les 60 jours qui suivent la remise de la facture aux services concernés.
Dans la réalité il en est tout autrement puisque certaines entreprises attendent depuis plus de 9 mois malgré le service fait et la présentation des factures au service des finances. Ce n'est pas le cas pour certaines autres qui sont rapidement payées grâce à l'intervention d'intermédiaires qui prennent leurs commissions au passage. Intermédiaires qui frappent à la bonne porte que ce soit au service des approvisionnements où une certaine personne très influente ira plaider la cause de l'entreprise auprès des services des finances pour insister sur le caractère stratégique et indispensable de l'activité de l'entreprise pour le complexe et le paiement est débloqué ou alors c'est quelqu'un du syndicat ou une personnalité influente qui a de gros intérêts dans l'entreprise prestataire qui intervient. Pour les autres, toutes les autres, c'est la galère, les patrons sont obligés de vendre des biens pour faire face aux dépenses quotidiennes, au paiement des salaires, les impôts, la Cnas etc.., des charges qui ne peuvent pas attendre. D'autres ont recours aux usuriers qui se trouvent être des patrons d'entreprise travaillant dans le même secteur pour emprunter de l'argent à des taux d'intérêts très élevés de crainte de faire faillite en attendant ce paiement qui ne vient pas. A titre d'exemple toutes les entreprises qui sont intervenues pour la réhabilitation et la remise en état du haut fourneau suite à l'arrêt programmé en février 2013, n'ont pas été payées à ce jour ; le travail a été fait le haut fourneau fonctionne, c'est l'essentiel, ces entreprises peuvent attendre'
Le cas de l'entreprise Codesid, une filiale du groupe Sider travaillant pour le compte du complexe est édifiant ; cette entreprise est au bord de la faillite et va selon nos informations déposer le bilan. Codesid approvisionne le complexe en une poudre spéciale destinée aux installations industrielles, des livraisons faites depuis des mois et qui n'ont pas été payées, la dernière en date s'élève à 25 millions de DA' Confrontée à des problèmes de trésorerie, cette entreprise ne trouve même pas de quoi payer ses travailleurs surtout en cette période de Ramadhan.
Ce qui est sûr, c'est que ces derniers temps le complexe sidérurgique va mal, très mal même. Baisse significative de la production, troubles, affrontements, grèves problèmes financiers, syndicalistes véreux, gros intérêts de grands pontes prêts à tout, pots de vin et autres malversations finiront par le terrasser si les pouvoirs publics n'interviennent pas pour arrêter la saignée et redresser la situation
M. R.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Photo Riad
Source : www.latribune-online.com