
A la faveur de la révélation des conclusions d'un rapport de l'Inspection de la wilaya sur les anomalies relevées dans la gestion de la comptabilité et des finances de la commune de Annaba, il ressort un important détournement de deniers public. Selon nos sources, il aurait atteint un montant de plus de 160 millions de DA, et le décompte se poursuit toujours.Le principal suspect dans cette affaire est le receveur principal de la commune du chef-lieu de wilaya. En attendant les conclusions de l'enquête diligentée par la brigade économique et financière de la Sûreté de wilaya, le mis en cause a été relevé de ses fonctions. Il a été remplacé par un cadre féminin pour permettre à la collectivité locale de faire face à différents engagement financiers en termes de masse salariale, y compris les 1,27 million DA au titre d'indemnités de poste à verser aux 13 élus. Ce sont principalement des vice-présidents ou chargés d'une fonction clé au sein du conseil exécutif de l'Assemblée populaire communale de la 4ème ville d'Algérie. Dans le lot, il y a le chargé du suivi et du contrôle de la comptabilité et des finances. Au vu de l'importance de la somme détournée et des moyens utilisés durant des années telles que les manipulations malveillantes des chiffres et des lettres pour accomplir cet acte préjudiciable, il y a tout lieu de penser que le contrôle n'a pas été réalisé. Pire, durant le précédent et l'actuel mandat, le receveur imposait sa « marche à suivre » dans la gestion des dépenses et des recettes de la commune. Sous la menace de rejeter les factures, de ne pas procéder à la mise en application de la procédure de paiement de la masse salariale et des indemnités, des fournisseurs et autres créanciers, le receveur imposait sa propre loi. Tant et si bien que les élus, dont le chargé du contrôle de la comptabilité et des finances ainsi que les cadres administratifs de la commune évitaient toute friction ou avis contradictoire à même d'entraîner la colère du sieur. Ces élus étaient contraints de le caresser dans le sens du poil pour ne pas avoir à subir son courroux. Pour l'heure, précisent nos sources, l'enquête judiciaire se poursuit toujours. Elle pourrait déboucher sur l'interpella-tion, outre celle du receveur mis en cause, de plusieurs agents et cadres communaux. Notre source a indiqué que l'affaire a éclaté quand, las de voir retarder pour des motifs aussi fallacieux les uns que les autres, des paiements de factures et créances ainsi que les réponses à ses appels d'argent frais, le président de l'Assemblée populaire communale a saisi les services compétents pour une enquête approfondie. Il s'est, toutefois, refusé à toute déclaration, tout comme un certain nombre d'autres élus. Argumentant l'instruction judiciaire du dossier, ces derniers ont affirmé qu'il serait prématuré d'en parler. Ce qui ne les a pas empêchés de dénoncer les multiples problèmes financiers auxquels est con-frontée depuis des mois leur institution. Par ailleurs, sollicité par les enquêteurs à l'effet de justifier les graves anomalies constatées sur sa gestion comptable et financière, le mis en cause n'aurait pas été assez clair dans ses réponses. Il se serait contenté d'affirmer qu'il s'agissait uniquement d'erreur de transcription de chiffres et de pièces justificatives mal classées. Ce que démentent les premiers éléments de l'enquête des éléments de la brigade économique et financière de la Sûreté de wilaya de Annaba qui poursuivent toujours leurs investigations. Actuellement, à l'APC de Annaba l'on réfléchit sur les responsabilités partagées dans l'absence de contrôle de la comptabilité financière. Manipulés au gré de l'humeur d'un seul individu en qui tous les élus dont le président de l'APC avaient pleinement confiance, les registres dépenses-recettes communales étaient répertoriés en fonction des intérêts bien particuliers du mis en cause. Et quand on sait qu'il n'y a pas de liquidités dans les caisses de la commune et que tout se fait sur la base du jeu des écritures comptables, on est en droit d'affirmer que l'enquête pourrait déboucher sur la mise en cause de fournisseurs, entrepreneurs et autres faux créanciers. Cette affaire implique également les préposés du service contrôle financier. Ces derniers donnent l'impression de bloquer les comptes des communes pour rien. Le contraire leur aurait permis de relever l'illégalité des opérations de dépenses engagées par le receveur communal.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Djabali
Source : www.lnr-dz.com