
« Passation non réglementaire de marchés d'approvisionnement en déchets ferreux et transport de minerai et du personnel, trafic dans la pesée, faux et usage de faux, non dénonciation et complicité », ce sont là les lourdes charges qui pèsent sur 21 personnes dont 17 cadres et agents d'ArcelorMittal Algérie et 4 sous-traitants qui ont été présentées jeudi dernier devant le procureur près le tribunal d'El-Hadjar. Une autre vingtaine de témoins ont été convoqués dans le cadre de cette affaire qui fait des vagues depuis quelques mois au sein du complexe sidérurgique d'El-Hadjar. De sources concordantes, on a appris qu'au moins 9 neuf personnes ont été placées en détention préventive alors que plusieurs autres ont été placées sous contrôle judiciaire à l'issue des auditions des accusés et des témoins qui ont défilé jusque tard dans la soirée du jeudi dernier devant le procureur de la République, a-t-on aussi appris dans ce contexte. D'où le manque d'information autour du nombre exact des accusés dans cette affaire et des décisions prises contre les derniers parmi eux qui ont été entendus par le procureur. Les résultats des enquêteurs de la Gendarmerie nationale d'Annaba ont mis à jour un grave préjudice subi par le complexe dans le cadre de ces détournements de plusieurs tonnes de fer lors des pesées, ainsi que d'autres marchés attribués d'une façon illégale.Il ne s'agit là que de la partie visible de l'iceberg qui est abordée par le procureur de la République à travers ce dossier, le préjudice commis à l'encontre de l'entreprise est bien plus important et plus grave, estiment des sources syndicales. Ces dernières ont dévoilé récemment des affaires scabreuses auxquelles seraient directement liés certains responsables, dont le détournement de près de 200 tonnes de fer, ainsi que la location d'une vieille machine servant à casser le fer brut au prix excessif de 17 milliards de centimes, alors qu'on pouvait, affirme-t-on, avoir la même machine en meilleur état à 6 milliards de centimes seulement ! Le dossier qui se trouve actuellement entre les mains de la justice ne concerne qu'un audit de trois ou quatre mois, relève le secrétaire général du syndicat d'entreprise, joint hier au téléphone, alors que la saignée du complexe remonte à loin, à l'année 2005, dira-t-il, avec la disparition mystérieuse d'une énorme quantité de déchets ferreux, 4 kilomètres de long et 1 km de large, qui s'est volatilisée dans la nature sans que quiconque ne s'en rende compte, ainsi que le détournement de bronze et huiles industrielles. Cette dernière affaire a été qualifiée de « plus grande catastrophe » par notre interlocuteur. Ce dernier insiste à dire que ce sont ces personnes qui ont détruit le complexe sidérurgique d'El-Hadjar qui n'a survécu que grâce à un appui financier des pouvoirs publics, « sinon on aurait mis la clé sous le paillasson depuis longtemps», concède-t-il. Pour rappel, le secrétaire général du syndicat d'entreprise avait ces derniers jours dénoncé une sordide campagne menée contre des cadres intègres par des gens qui promettent de « nommer de nouvelles têtes » dans les postes de responsabilité au sein de l'entreprise, là où l'on manifeste de la résistance à leurs visées de mainmise sur le complexe. Il fallait bien donner un coup de pied dans la fourmilière avant d'éjecter des sommes colossales, un milliard de dollars, à travers un plan d'investissement ambitieux qui vise à remettre sur pied le complexe après sa re-nationalisation (70 % de parts détenus par l'Etat et 30 % par le partenaire étranger).
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdelkrim Zerzouri
Source : www.lequotidien-oran.com