
Ayant les potentialités pour réaliser ses objectifs, l'unité risque d'être confrontée au refus de couverture des coûts par les organismes de Sécurité sociale.Aider à offrir une qualité de vie meilleure aux personnes amputées des membres inférieurs ou supérieurs et à mobilité réduite, les responsables de l'Office national d'appareillages et accessoires pour personnes handicapées (Onaaph-unité Annaba) en ont fait leur cheval de bataille pour cette année 2017. Cette unité s'est déjà lancée dans un ambitieux plan de développement en termes d'infrastructures, mais aussi et surtout d'appareillages tous segments confondus.Elle devra compter sur l'expertise et l'accompagnement technique de son partenaire allemand, Otto Bock, leader européen des appareillages orthopédiques et autres dispositifs médicaux spécifiques aux personnes handicapées. Ainsi, après celles en résine et en duralumin, autrement dit la gamme classique, l'Onaaph Annaba projette, selon son directeur, Foued Allali, d'affiner son processus de fabrication des prothèses en carbone (membres inférieurs et supérieurs) qu'elle produit depuis fin 2014, et cela, outre les genoux intelligents dotés de microprocesseurs, ceux hydrauliques et pneumatiques, nouvellement introduits dans sa gamme de produits.En plus des porthèses à fibre de carbone, un pied dynamique et à restitution de l'énergie portant la marque Onaaph Annaba fera dans un proche avenir le bonheur des amputés des membres inférieurs, car en mesure de se substituer anatomiquement au pied perdu, nous explique Sofiane Boudiaf, chef du département production.«En somme, sur ce segment et tant d'autres, nous sommes bien partis pour passer de la gamme classique vers une gamme plus développée, soit au diapason des technologies les plus récentes», se félicite cet ingénieur électronicien. Mais le projet, fort prometteur, dont il est légitime, pour M. Allali et sa jeune équipe, de s'enorgueillir, n'est autre que le lancement des prothèses pour sportifs.Selon le même responsable, l'Onaaph Annaba s'est récemment vu confier la tâche d'appareiller l'équipe olympique nationale. «Mettre au point le processus requis et fabriquer ainsi des prothèses en fibre de carbone spécifiques aux courses, et qui n'ont rien à envier à celles que porte, par exemple, le champion paralympique sud-africain Pistorius, nous en sommes bel et bien capables», souligne M. Allali.Des projets ambitieuxSur un total de 200 000 à l'échelle nationale, faut-il le souligner, l'Onaaph Annaba assure l'appareillage d'au moins 16 000 handicapés moteurs, la plupart des amputés des membres inférieurs ou supérieurs. Justement, à cette dernière catégorie, notre interlocuteur annonce l'ouverture, d'ici peu, d'une nouvelle ligne dédiée à la conception/production de mains myoélectriques. Pour une autre bonne nouvelle, c'en est vraiment une. Ce type de prothèses permet aux patients de recouvrer en partie la fonction du membre absent : ouverture, fermeture, rotation de la main, maintien d'un objet.Et, il n'y a pas que cela. Son collègue, M. Boudiaf, fera par ailleurs savoir : «Nos capacités installées sont appelées à augmenter, puisque notre unité, d'envergure régionale, a été retenue pour bénéficier d'un nouveau mégacentre de production sur les 11 que l'Onaaph, dont relèvent 72 structures entre centres de production et antennes de distribution de proximité, prévoit de mettre sur pied dans différentes régions du pays. Nous disposons d'ingénieurs, de techniciens et d'orthopédistes, hautement qualifiés, formés par l'école algérienne, ainsi que par notre partenaire allemand Otto Bock. La mise au point, la conception, la prise de mesure et de moulage, la fabrication, les essais et le suivi de nos patients sont l'?uvre de nos propres effectifs, ils se font sur place».Néanmoins, un sérieux handicap risque de freiner cet élan, pour ne pas dire réduire à néant tous les efforts déployés par les uns et les autres. Les nouvelles références d'appareillages orthopédiques seraient systématiquement rejetées par les organismes d'assurance sociale. «Ceux-ci n'acceptent de couvrir que la gamme classique, opposant un niet catégorique aux prothèses en carbone, prétextant leur coût élevé. Il faut savoir que la nomenclature relative aux appareillages n'a pas été réadaptée aux nouveaux dispositifs.La prise en charge (couverture) par ces organismes d'assurance sociale est subordonnée à une prescription médicale établie par un médecin spécialiste ou un organisme de santé la justifiant. Les prix des prothèses vont de 100 000 à 900 000 DA. Une simple attelle orthopédique coûte entre 30 000 et 70 000 DA», s'offusque Fayçal, la vingtaine, amputé d'une jambe à la suite d'un accident de la route.Rencontré dans l'atelier d'essayage, ce jeune étudiant, en attente de sa nouvelle prothèse en carbone, ajoute avec amertume : «Aux yeux des assureurs sociaux, les appareillages modernes, qui sont plus pratiques pour nous autres personnes amputées à mobilité très réduite, relèvent du luxe. On cherche à nous priver du seul moyen de compensation de notre handicap et d'avoir une vie presque normale».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Naima Benouaret
Source : www.elwatan.com