«L’accès à l’ADSL sera bientôt gratuit»
Provider bien connu, l’EEPAD est le pionnier en Algérie dans le domaine de l’Internet à haut débit. Son patron, Nouar Harzallah, a bien voulu revenir pour nos lecteurs sur la situation du secteur des NTIC en Algérie.
La voix de l’Oranie: Quelle appréciation portez-vous sur le développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication dans notre pays?
Nouar Harzallah : L’Algérie a non seulement rattrapé son retard mais elle a dépassé la plupart de ses voisins. Désormais, il va falloir comparer l’Algérie aux pays développés dans ce domaine. L’Etat a ouvert le secteur, c’est maintenant au tour des entreprises d’innover et de valoriser cet acquis.
- Sachant que le métier de base de l’EEPAD est l’enseignement à distance, parlez-nous de vos débuts dans l’Internet.
- Certes, nous avons commencé petit en investissant quelques équipements en partenariat avec Algérie Télécom. Je dois même préciser que nous sommes arrivés à l’Internet en 1998 presque par accident. Je n’ai pas de honte à le dire. Ce n’était pas notre métier au départ. Nous avons donc appris sur le tas. Et à ce titre, nous sommes plutôt fiers de notre parcours de véritable investisseur doté d’une vision à long terme. Pour nous, il fallait surtout avoir confiance. Il fallait croire car nous étions conscients que le risque zéro n’existait pas.- Et puis il y a eu l’introduction de l’ADSL en 2003. Où en êtes-vous aujourd’hui?
- Nous avons dû mener, tout d’abord, une vaste campagne d’explication quant à l’utilisation de l’ADSL en Algérie. Nous avons lancé ce service exactement le 27 novembre 2003 et nous sommes, à ce jour, leader dans le domaine avec plus de 300.000 abonnés et une part de marché évaluée à 68%. Quant à la demande, celle-ci est estimée à 3 millions d’accès. Il y a donc de la place pour tout le monde.
- S’agissant de l’ADSL, on évoque souvent, en Algérie, des perturbations intempestives, des coupures fréquentes. Qu’en pensez-vous ?
- Je dois préciser que ces coupures sont parfois dues à des actes de sabotage, à des vols, etc. Face aux aléas techniques, les responsables d’Algérie Télécom s’efforcent de viabiliser et de sécuriser le réseau de fibres optiques. Aujourd’hui, les choses se sont nettement améliorées. Algérie Télécom vient de se doter d’une importante bande passante CM84 d’une capacité de 80 gigabits. Ainsi, de 128 kilos nous sommes en mesure d’offrir aujourd’hui à nos clients un débit de 3 à 4 mégabits.
- De la connectivité, vous semblez aujourd’hui vous orienter vers l’industrie avec votre marque «Zala» d’ordinateurs portables. Est-ce, pour vous, un changement stratégique?
- Non, pas vraiment! Notre objectif consistait au départ à connecter le maximum d’abonnés. Mais très vite, nous nous sommes rendu compte que le parc informatique national était nettement insuffisant ou du moins inférieur aux normes internationales et surtout loin de correspondre aux ambitions d’une véritable société de l’information. Ce constat a poussé l’EEPAD à s’orienter progressivement vers l’industrialisation. Cette option s’est concrétisée par la création à Annaba d’une usine de montage d’ordinateurs portables aujourd’hui opérationnelle.
- Donnez-nous quelques indications autour de cet investissement...
- Le coût de l’investissement est de 12 millions de dollars. L’usine a été réalisée dans les délais, c’est-à-dire en 18 mois. Nous employons actuellement 42 personnes, notamment des ingénieurs et des techniciens. L’effectif à 100% algérien devrait être porté bientôt à une centaine d’employés. Nous avons différents partenaires. On peut citer Infinity systems, un fabricant chinois de composants; Intel, le fabricant des processeurs et des cartes mères; Thomson ou encore Sagem pour les équipements de télécom.
- Quel est votre objectif en matière de distribution?
- Notre objectif est d’inonder le marché. D’ailleurs, ce défi peut être largement relevé à la faveur de l’opération Ousratic (un PC par foyer). Jusqu’à présent, nous avons réussi à faire baisser le prix de l’ordinateur et pu introduire la notion de mobilité qui faisait alors défaut. Cela dit, il ne s’agit pas de mettre seulement sur le marché des équipements informatiques. Laissez-moi vous rappeler enfin que l’EEPAD n’est pas, à proprement parler, une entreprise industrielle. C’est pourquoi, l’on ne parle pas à Annaba d’une usine d’ordinateurs mais plutôt d’une usine de services. Cette conception vise la mise en place d’un plateau de développement de logiciels à la demande, au profit notamment des opérateurs internationaux. En réalité, l’usine n’est qu’un maillon de la chaîne...
- Ce qui augure de nouvelles orientations en perspective. N’est-ce pas?
- En effet, la stratégie de l’EEPAD n’est plus basée sur l’accès à l’Internet mais plutôt autour de cet accès avec notamment la fourniture des services à forte valeur ajoutée. L’aventure de Google est, à ce sujet, très éloquente pour nous. C’est là, un exemple à suivre. Un type d’investissement intelligent créé autour de la consommation de l’information. Je peux, d’ores et déjà, vous l’annoncer aujourd’hui: l’accès à l’ADSL sera bientôt gratuit.
Mohamed-Chérif Lachichi
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com