Depuis Annaba où il a animé samedi une conférence sous le thème 'Algérie, situation intérieure et environnement international" à l'Ecole préparatoire des sciences économiques, commerciales et sciences de gestion, Mohamed-Chafik Mesbah avertit sur les menaces multiformes qui pèsent sur le pays et notamment le risque d'être intégré bien malgré lui dans un mécanisme dont il ne pourra plus se libérer. L'officier supérieur de l'armée à la retraite, politologue et analyste en relations internationales et des questions stratégiques, qui a évoqué la guerre qui se déroule au Nord-Mali et l'attaque terroristes qui a visé In Amenas, ne dissocie pas cette situation de la crise sociale qui continue de secouer le Grand-Sud algérien.
Pour lui, l'Algérie, sous l''il scrutateur des puissances occidentales, est en train de prendre pied dans un système de sécurité régionale où elle risque malheureusement de s'enfoncer et de ne plus pouvoir, à terme, exercer sa souveraineté nationale, et ce, sous le contrôle des puissances occidentales, devait-il affirmer. Etant lui-même rompu aux questions stratégiques, Mohamed-Chafik Mesbah ne manquera pas de rappeler que la volonté d'asservissement par les puissances étrangères du Grand-Sud algérien, pour les ressources qu'il renferme, ne date pas d'aujourd'hui. 'L'idée de diviser le pays et de ne libérer que sa partie nord, tout en continuant à occuper et à exploiter les champs pétrolifères et les autres richesses naturelles, remonte à la période de la guerre d'Indépendance", a-t-il dit.
Le conférencier a indiqué que l'option avait, en effet, été proposée au général Charles de Gaulle par les lobbies politiques et financiers français à un moment où le conflit armé s'enlisait, mais que le président de l'époque avait refusé la proposition de scission. Ceci pour souligner l'importance stratégique et économique que revêt l'Algérie aux yeux des puissances étrangères dont évidemment les USA et la France. Chafik Mesbah tiendra à souligner que l'Algérie est d'autant plus vulnérable qu'elle ne peut se targuer d'être une puissance régionale avec une désindustrialisation constante et l'absence de création de richesses autres que les exportations d'hydrocarbures.
'Nous n'avons pas été touchés par le Printemps arabe parce que le pouvoir a pu disposer d'une manne financière assez importante pour pallier au plus pressé en refrénant les ardeurs des jeunes en concédant des prêts et autres facilités au crédit et en abusant des dispositifs d'insertion à la vie active, mais cela ne saurait durer", devait-il prévenir. Insistant sur le péril qui menace l'Algérie, l'invité d'Annaba demandera aux cadres algériens, aux universitaires notamment de s'impliquer davantage dans tout ce qui concerne l'intégrité territoriale et la souveraineté nationale. 'L'élite algérienne a démissionné de la gestion du pays. Nous fonçons droit dans un mur", avertira-t-il
A. A
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : ALLIA Ahmed
Source : www.liberte-algerie.com