Face à la déferlante populaire, le pouvoir tente la riposte. Il téléguide, depuis quelques jours, des marches dans plusieurs villes du pays pour susciter l'adhésion à son agenda. Dans la majorité des cas, ces manifestations tournent au fiasco.Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent en effet que des tentatives de marches sont initiées dans plusieurs villes du pays. Samedi, les "manifestations" ont été signalées à Saïda, à Mascara, à Tlemcen, à Djelfa, à Annaba, à Oued-Souf... Hier, c'était le cas de Mostaganem et de Sétif. Les "manifestants" ont affiché leur soutien à l'armée et au processus électoral en cours.
Les médias gouvernementaux, qui ne couvrent presque plus les marches populaires en dehors des chaînes de radio, ont consacré de larges couvertures à ces marches de soutien au régime. La télévision publique a passé, samedi soir, près d'une demi-heure à couvrir des manifestations qu'elle a présentées comme "une mobilisation populaire". L'agence officielle, les chaînes de radio et les journaux gouvernementaux ont fait de même. C'est à croire que des instructions ont été données pour amplifier au maximum ces manifestations. Pourtant, ces marches n'ont pas mobilisé grand monde.
Sur les images partagées sur les réseaux sociaux, il est loisible de voir clairement que ces marches ne drainent pas un grand nombre de participants, qui sont souvent juste une poignée de personnes. À Annaba, on peut compter les participants sur les doigts d'une main. À Saïda, les caméras de la télévision officielle ont tenté de prendre des plans rapprochés. Mais cela n'a pas réussi à cacher l'échec lamentable de la tentative, puisque le nombre de spectateurs était visiblement supérieur à ceux des marcheurs. À Sétif, les participants en sont venus aux mains à cause du partage de la contrepartie sonnante et trébuchante.
Les rémunérations promises aux marcheurs n'ont visiblement pas contenté tout le monde. Contrairement aux manifestations populaires, ces marches des proches du régime ont été provoquées. Preuve en est la correspondance envoyée aux structures locales des organisations "de la société civile" pour leur demander d'organiser des "marches populaires" de soutien au processus électoral et "aux positions de l'armée". Cette correspondance, dont nous avons consulté une copie, demande même d'associer l'administration à cette démarche. Cela est d'ailleurs visible puisque les tentatives de manifestations ont eu lieu au même moment et les banderoles déployées par les quelques personnes présentes sont similaires.
Ces manifestations vont certainement se multiplier. Mais leur succès est pour le moins incertain. Parfois, elles produisent l'effet inverse. Elles boostent le hirak. D'ailleurs, dans certaines wilayas où les manifestations du vendredi avaient cessé à un certain moment, la mobilisation a repris de plus belle. Vendredi dernier, les Algériens ont marché dans 43 wilayas simultanément contre seulement 35 une semaine auparavant.
A. B.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A B
Source : www.liberte-algerie.com