De notre correspondant à Annaba
Mohamed Rahmani
Apparemment, les problèmes auxquels est confrontée l'entreprise Ferrovial à Annaba ne sont pas près de se régler. Les travailleurs grévistes depuis plus d'un mois sont passés à la vitesse supérieure en fermant, jeudi dernier, l'entrée principale et tous les accès à cette entité économique, située sur la RN 16, à l'entrée est du chef-lieu de wilaya. Ils protestaient contre le licenciement, qu'ils jugent abusif, de dix-huit de leurs collègues recrutés dans le cadre du dispositif d'aide à l'insertion professionnelle (Daip) et du Contrat d'insertion pour diplômés (CID), tout en maintenant leurs revendications premières (voir la Tribune du 5 mars 2013). La situation peut déboucher sur d'autres actions encore plus radicales, au vu de la position ferme de la direction quant à la réintégration de ces travailleurs. Intraitable sur cette question, l'administration soutient que la période que ces derniers ont passée au sein de l'entreprise n'est pas satisfaisante et qu'ils se sont avérés incompétents dans l'exécution des tâches qui leur avaient été confiées. Ce que démentent formellement les travailleurs grévistes, qui affirment que leurs collègues avaient été injustement sanctionnés parce qu'ils avaient soutenu sans réserve le mouvement de grève.
Selon la direction, «cette prise en otage de toute l'entreprise par les travailleurs est illégale et des éléments extérieurs sont en train de manipuler les travailleurs pour casser l'entreprise parce qu'elle commence à gêner du fait qu'elle réussit», d'autant plus qu'elle est appelée à fournir des rames pour les tramways ainsi que la prestation de service pour la maintenance des matériels et équipements de ce nouveau moyen de transport, qui sera mis en service à Annaba.
Les politiques se sont mêlés de ce conflit qui porte un coup à l'économie nationale par le fait qu'il a un impact négatif sur les articles et produits fabriqués par Ferrovial. Une députée du Parti des travailleurs (PT) s'est en effet déplacée sur le terrain pour écouter les
travailleurs et transmettre leurs préoccupations aux responsables locaux au niveau de la wilaya, où une réunion sur cette question s'est tenue dimanche dernier. Selon nos informations 14 des 18 travailleurs licenciés sont sur le point d'être réintégrés, les 4 restants ont fait l'objet d'un refus catégorique de la part de leur chef hiérarchique, qui maintient que ces derniers n'ont pas donné satisfaction lors de la période d'essai. Le plus étonnant est la position de l'Inspection de travail, qui a réagi tardivement, lors de ladite réunion, c'est-à-dire après que le conflit se soit aggravé, en promettant qu'elle «fera une apparition» au niveau de l'entreprise dans les prochains jours pour veiller à ce que les lois régissant le secteur du travail soient respectées.
Aux dernières nouvelles les travailleurs auraient pris la décision de suspendre la grève et de réintégrer leurs postes de travail.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M R
Source : www.latribune-online.com