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Les services de sécurité s'emparent de l'affaire



Les services de sécurité s'emparent de l'affaire
Même si un protocole d'accord portant sur la permanisation, à fin décembre, de la totalité des salariés initialement en contrat de travail à durée déterminée a été signé lundi en fin d'après-midi, le dossier de l'entreprise publique économique Gesi-Bat Annaba n'est pas prêt de se refermer.
Et pour cause, tous les services de sécurité dont le Centre territoriale de recherches et d'investigations ont pris en charge les données qu'il contient sur des malversations commises. Selon des indiscrétions, le préjudice financier étalé sur plusieurs années serait très important car s'élevant à plusieurs centaines de milliards. Ce préjudice avait été récemment révélé par les travailleurs de cette filiale propriété du Groupe des entreprises publiques de la construction (Grepco). Il faut dire que les travailleurs et leurs représentants n'en démordent pas quant à la nécessité du limogeage du PDG de leur entreprise et de son assistant chargé de la sécurité. C'est pour ces motifs qu'ils avaient occupé lundi la route El-Hadjar-Sidi Amar qu'ils ont totalement fermée à la circulation. Ainsi, de simple conflit travailleurs/direction générale, cette affaire a pris des proportions insoupçonnées pour se transformer en une profonde crise. L'occupation de la voie publique le lundi a eu un impact négatif sur les activités du complexe sidérurgique El-Hadjar, l'université Badji-Mokhtar à Chaïba et le quotidien des 80 000 habitants de la commune de Sidi Amar. Impact négatif aussi sur la zone industrielle de la Méboudja voisine avec les difficultés d'accès pour plusieurs centaines de salariés des entreprises publiques et privées de production et de services. Autre conséquence de cette crise qui aura duré huit jours, l'arrêt de tous les chantiers de cette filiale spécialisée dans le bâtiment. Il en a résulté un important retard dans la réalisation de milliers de logements sociaux dont Gési-Bat a la charge de réaliser dans différentes régions de l'est du pays. L'on ne reviendra pas sur les propositions faites la veille par le président-directeur général de Grepco et rejetées par les travailleurs. La plus importante étant celle ayant trait à la permanisation de 33% des salariés, le maintien des autres travailleurs sous contrat à durée déterminée d'une année renouvelable, la réintégration des agents licenciés et l'harmonisation des salaires par rapport à la convention de branche. S'en tenant à la totalité de leurs revendications, à savoir le départ du PDG de l'entreprise et celui de son assistant, les grévistes ont décidé de poursuivre leur mouvement. Ils ont la certitude d'être dans leur plein droit au regard des preuves matérielles en leur possession sur des malversations supposées ou réelles commises par le premier responsable de la filiale et des membres du conseil d'administration. D'autant qu'ils avaient le soutien de Abdelmadjid Sidi Saïd, le patron de la centrale syndicale UGTA, du secrétaire général de la FNTME, de celui de la plateforme syndicale UGTA de Sidi Amar que préside Smaïl Kouadria, également secrétaire général du syndicat de l'entreprise ArcelorMittal Annaba, ainsi que de Boudjemaa Bouraï, président du comité de participation. Lundi dernier, avec l'occupation de la voie publique, le conflit a pris une autre tournure. Il y avait de quoi quand on sait que cette voie de communication à destination du chef lieu de la wilaya de Annaba, du port et de l'aéroport est, au plan socioéconomique, hautement stratégique. Lors des négociations avec la DG de Grepco, les deux parties en conflit ont achoppé sur le départ des deux cadres ciblés. Les représentants des travailleurs ont également insisté sur le lancement d'une enquête judiciaire pour déterminer les responsabilités dans les multiples malversations. Selon eux, des membres du collège directorial et ceux du CA de leur entreprise seraient directement impliqués. Même la décision prise par le groupe jeudi passé portant dissolution du conseil d'administration (CA) d'entreprise et la fin de mission signifiée à deux cadres dirigeants, n'avait pas calmé l'esprit surchauffé des grévistes. Cette décision sera suivie par une autre concernant le limogeage pour mauvaise gestion du président du CA de la filiale. Elle confirme s'il en est les accusations contenues dans la plateforme de revendications émises par les travailleurs. «Nous avons clairement précisé nos accusations en citant un à un les actes de malversations commis par nos responsables. Nous étions même prêts à en répondre devant toute instance judiciaire au cas où elles se seraient avérées calomnieuses. Ce qui n'est pas le cas. Nous ne comprenons pas pourquoi il n'y a pas de plainte, d'enquête judiciaire et que le limogeage du PDG de Gési-Bat n'ait pas été prononcé», a estimé l'un des représentants. La dissolution de l'ancien CA et la désignation d'un autre avec de nouveaux membres et président implique que l'on se prépare à une décision de limogeage de l'actuel PDG de Gési-Bat. C'est dire que les jours de ce dernier sont comptés. C'est ce que laissent entendre des indiscrétions proches de la direction générale du groupe Grepco.
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