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«Les entraîneurs auront bientôt leur association» MUSTAPHA BISKRI, TECHNICIEN



«Les entraîneurs auront bientôt leur association» MUSTAPHA BISKRI, TECHNICIEN
L'instabilité des entraîneurs dans le football algérien est devenue alarmante. Le manque d'organisation des entraîneurs et le manque de confiance entre eux et les dirigeants sont les causes de cette instabilité. L'un des techniciens des plus connus pour avoir entraîné plusieurs clubs, dont notamment le MCA, le CA Bordj Bou Arréridj, le CA Batna, le NA Hussein-Dey, le RC Kouba, l'USM Annaba, Mustpha Biskri, annonce à L'Expression la création future d'une association des entraîneurs pour défendre la profession.
L'Expression: On évoque qu'un groupe d'entraîneurs nationaux dont vous faites partie, est en passe de lancer une association pour défendre le métier de coach, pouvez-vous nous parler un peu plus sur le sujet'
Mustapha Biskri: En effet, il s'agit d'un groupe de coachs en contact avec le maximum de collègues pour créer une association, non pas, seulement pour les coachs professionnels, mais de toutes les catégories et de tous les niveaux. C'est-à-dire des diplômés de la FAF 1 à ceux de la CAF 1.
Et quel sera l'objectif principal de cette future association des entraîneurs algériens'
Des objectifs poursuivis, on notera, entre autres, l'action de promouvoir le corps des entraîneurs, mais faut-il de suite préciser, que ça ne sera nullement un syndicat que nous comptons initier. Il s'agira en fait d'une association à caractère scientifique aussi bien pour échanger les idées et les expériences tant, avec les entraîneurs nationaux qu'avec nos collègues étrangers. Nous devons donc oeuvrer ensemble pour la mise à jour régulière et organiser des débats dans la perspective de développer notre football. Nous comptons également devenir une véritable force de propositions aux instances sportives concernées par la profession. Nous devons servir de maillon supplémentaire pour la famille du football.
Peut-on avoir une idée sur la composante actuelle de ce groupe de membres fondateurs'
Pour le moment, nous sommes 25 membres fondateurs. Notre première action est de tenter d'arriver à créer un conseil national des entraîneurs. De ce conseil sortirait alors un groupe avec un président à sa tête. Et le président ne sera pas celui qui cherche à se montrer en public, mais celui qui représentera réellement les collègues dans les différents cas de figure qui se présenteront à l'association. Ceci, dans le but de faire entendre notre voix. On pense même ouvrir une porte pour une ou deux voix au sein du Bureau fédéral de la Fédération algérienne de football. Il ne faut surtout pas oublier de rappeler en la circonstance, que le président de la FAF lui-même avait émis le voeu de voir les entraîneurs s'organiser en association tout en promettant de les aider. D'ailleurs, je tiens à vous informer que pour le moment nous avons eu l'accord de 500 entraîneurs qui ont donné leur aval pour travailler ensemble.
Vous avez déclaré que ce ne sera pas un syndicat, mais alors dans ce cas, comment lutter contre cette instabilité des entraîneurs dans notre football'
Il faut savoir qu'en tant qu'association, nous allons certainement inviter les dirigeants dans la perspective de mettre en place une plate-forme de confiance entre nous. Car, l'un des points négatifs actuellement, est justement ce manque de confiance entre les dirigeants et les entraîneurs.
On remarque bien qu'en engageant un coach, les dirigeants le présentent comme le meilleur, mais dès qu'il y a mauvais résultat, il devient à leurs yeux le plus mauvais et ainsi il est malmené. Il va donc falloir que les dirigeants rentrent dans le rang, sans oublier que les entraîneurs, eux non plus, ne sont pas exempts de tout soupçon. Et là, il faut que l'on puisse se réunir ensemble. Nous devons donc nous, les entraîneurs, nous réunir et consolider nos relations par une véritable charte ne serait-ce que pour que notre métier soit reconnu en tant que tel. Car, pour le moment, on ne peut que parler de fonction d'entraîneur. Nous devons donc nous organiser pour avoir un véritable statut avec l'instauration d'un statut pour arriver à organiser notre métier. Nous devons arriver à avoir ce statut comme c'est le cas dans les pays développés. En France par exemple, les entraîneurs se trouvent dans les statuts avec les artistes. Ils sont bien répertoriés et donc bien reconnus dans une véritable tutelle. Nous devons donc arriver à avoir une fiche de paie, une assurance, une retraite tout en payant évidemment nos impôts, etc.
Et pourquoi avez-vous attendu tout ce temps pour tenter d'organiser l'ensemble de vos collègues entraîneurs'
En réalité, nous attendions les nouveaux amendements relatifs à la loi sur les associations. Et comme ces amendements ont été effectués avec des modifications à partir de janvier dernier, nous sommes donc passés à l'étape de la concrétisation de ce projet d'association des entraîneurs. Pour l'instant, nous avons, comme je l'ai déjà dit, l'accord de 500 coachs pour faire partie de la future association. Avec les 500 entraîneurs, nous comptons donc nous organiser pour travailler en commissions avec un coordinateur. Nous devons donc mettre en place des pôles avec des bureaux régionaux pour toucher l'ensemble des collègues dans le pays tout entier où chacun trouverait sa place. Chacun doit travailler dans la même direction et il ne faut pas qu'il y ait juste quelques membres qui travaillent sérieusement alors que d'autres ne se font que membres inactifs. Tout le monde doit participer et chacun aura un travail à faire.
Comment voyez-vous cette phase retour pour la profession d'entraîneur'
Je crois que nous sommes dans une sphère mondiale. Nous sommes liés par les résultats. Et c'est justement pourquoi nous comptons nous organiser pour non pas être liés à ce résultat immédiat, mais afin d'avoir une véritable politique pour la profession. C'est-à-dire qu'il va falloir revoir cet état d'esprit de lier le métier de coach à celui des résultats immédiats. Il faut arriver à laisser le temps au coach pour préparer son équipe selon un véritable plan de travail et ne faire les bilans nécessaires qu'en temps opportun. Et c'est là où il devrait rendre de véritables comptes.
Il n'est donc pas écarté de voir quelques coachs connaître des mésaventures liées aux résultats de leurs équipes. Il va falloir bien arriver à un dialogue franc et sincère entre les deux parties, coachs et dirigeants, car ce sont les véritables hommes forts dans une équipe.
Le coach des Verts, Halilhodzic, avait tenu à préciser qu'il ne visait pas les entraîneurs nationaux en parlant du manque de condition physique des joueurs, quel est votre commentaire là-dessus'
Je pense qu'on l'a induit en erreur. On l'a trompé en lui présentant nos entraîneurs comme étant des incompétents. Mais il s'est vite rendu compte après notre réaction en lui précisant que les joueurs qu'il avait convoqués étaient sous la coupe des entraîneurs étrangers. Il a donc bien compris que nous ne sommes pas des tarés. S'il s'était réuni avec nous, il aurait vite compris la situation que nous vivons et donc bien saisir le contexte dans lequel on exerce notre métier qui est d'ailleurs le sien aussi.
Que pensez-vous de la Gambie, prochain adversaire des Verts en Coupe d'Afrique des nations 2013'
Le coach Vahid Halilhodzic va se heurter au même problème que ses prédécesseurs Saâdane et Benchikha à savoir, celui du manque de temps pour bien préparer l'équipe.
Mais il a eu 7 mois déjà...
Il faut bien constater qu'il ne pouvait rassembler son effectif pour cette histoire de dates FIFA. Cependant, il aurait dû, à mon avis, organiser des stages avec les joueurs locaux comme on le faisait durant les années 1980 avec quelques jours par semaine. Ce qui lui aurait certainement permis de faire sortir trois ou quatre joueurs capables de l'aider au sein de la sélection nationale. Je pense d'ailleurs que pour ce match, le coach de l'Equipe nationale ne va pas chambouler son effectif. Mais il faut reconnaître que ce match sera bien difficile à négocier à Banjul.
Quelle sera donc votre conclusion'
Il faut revoir notre football local. Il faut donc une réunion entre le DTN et les entraîneurs nationaux et nous devons tous nous unir en définissant le profil du footballeur algérien et travailler ensemble à une véritable politique de développement de notre football. Et ça ne pourra se faire qu'en passant par la base: c'est-à-dire qu'il faudrait nécessairement revenir à la formation des jeunes.
Un recyclage régulier des entraîneurs nationaux pour une méthodologie unifiée. Ce sont les jeunes qui sont en réalité la véritable base de construction de notre football. Chacun de nous, entraîneurs, doit apporter sa pierre à l'édifice et pour ce faire, il faut nécessairement une solidarité complète et sincère entre nous les entraîneurs. Nous devons préparer les véritables conditions pour travailler ensemble et s'entraider afin de développer sérieusement notre football.
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