Un autre phénomène a tendance à se répandre dans notre pays : la prolifération de la pratique de l'inhalation de la colle forte mise dans des sachets en plastique par des enfants de 6 à 12 ans, vivant dans des orphelinats.
«La vapeur de l'éther alcoolisé leur procure des effets d'ébriété avancée. Nous avons été choqués par l'addiction d'enfants à cette pratique dans nombre d'orphelinats en Algérie, de manière plus prononcée au niveau de celui de Ben M'hidi dans la wilaya d'El Tarf. A défaut d'une prise en charge rapide, c'est incontestablement de futurs alcooliques et toxicomanes que nous aurons sur la conscience», met en garde le professeur Mohamed Boudef. Pour lui, «le manque d'affection, exacerbé par l'absence d'activités, pousse ces enfants à l'enfermement dans une habitude obsédante. Ils se retrouvent emprisonnés dans un processus qui leur échappe : soit ils recoupent diverses addictions, soit ils passent d'une addiction à une autre.
Cette pratique d'inhalation est un moyen désinhibiteur de l'action dans une quête du mieux-être», analyse le psychiatre. L'anorexie est un autre problème de santé mentale qui a fait son apparition dans notre pays depuis ces derniers temps, auquel vient se greffer la cyberdépendance juvénile. Les proportions que prennent les deux phénomènes auprès des adolescents sont très perceptibles. Mais, une nouveauté marque actuellement le paysage de santé mentale : les Algériens consultent plus facilement pour des problèmes mineurs, se réjouit le chef de service psychiatrie de l'EHS Errazi Annaba. «De plus en plus nombreux sont les parents qui viennent nous consulter pour des troubles alimentaires dont souffrent leurs enfants, les filles surtout. Et c'est une bonne chose. La prise en charge rapide peut éviter pas mal de soucis de santé plus graves.»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Naima Benouaret
Source : www.elwatan.com