Les dispositions du programme d'aide et de soutien aux femmes et jeunes chefs d'entreprise piloté par le Ministère algérien du Commerce (MAC) et le Centre international du Commerce (CIC) ayant son siège à Genève (Suisse), étaient au menu de la rencontre organisée lundi dernier par la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) Seybouse Annaba.
Outre les représentants et experts des deux institutions citées, la manifestation regroupait les femmes et jeunes chefs d'entreprise intéressés par l'exportation de leurs produits vers divers pays du monde. Une occasion d'échan-ges de points de vue concrets pour des résultats que les deux parties voulaient fructueux. Formation et sensibilisation des femmes et des jeunes chefs d'entreprise à l'utilisation des nouvel-les technologies de l'information et de la communication dans le commerce international. Formation sur les techniques de l'exportation et les échanges commerciaux et les perspectives qu'offre le commerce électronique ont été les trois points autour desquels se sont articulées les interventions des représentants du MAC et du CIC. Mais il faut croire que la rencontre a quelque peu dévié de l'ordre du jour pour se transformer en tribunal. Préalablement, la cinquantaine de femmes et jeunes chefs de petites et moyennes entreprises ont exprimé leur volonté de bien s'imprégner des règles internationales du commerce extérieur. Notamment en ce qui concerne l'exportation des produits algériens à destination des pays d'Afrique, d'Europe et d'Asie. Les participants représentaient les secteurs de l'agroalimentaire, de l'agriculture, des produits de la mer, de la pharmacie, des services, de la métallurgie, de la construction automobile, de la récupération et de la transformation du papier et de la plasturgie. Cependant, en présence des principaux acteurs de la CCI Seybouse et de la présidente de l'Association des fem-mes chefs d'entreprise « SEVE », tous avaient leur mot à dire sur les exportations. Dans le brouhaha des interventions d'opérateurs économiques ayant vécu de malheureuses expériences, il y avait beaucoup de vérité. Elles sont toutes majoritairement axées sur la corruption qui sévit à nos frontières. La mise à l'index des douanes algériennes est unanime. Nombreux sont les exemples d'exportateurs affirmant être découragés quant à poursuivre leurs activités. Chaque intervenant y est allé en accusations quant aux actes de blocage dont il a été victime pour avoir refusé de « pa-yer ». «Parler d'exportation dans notre pays est vain tant qu'il existera des douaniers corrompus. Toute ma production est destinée à l'export. Parce que je refuse la politique du bakchich, je suis confrontée à des difficultés douanières insurmontables. Elles sont d'ordre pratique. Celle régionale de Annaba étant impuissante, je n'ai malheureusement pas mes entrées à la direction générale pour me plaindre de la pratique appliquée par ces corrompus sévissant à nos frontières», explique une des chefs d'entreprise employant plusieurs dizaines de chefs de famille. A cette rencontre très instructive à laquelle les douaniers n'ont pas jugé utile de participer, il y avait également des représentants de différentes institutions du ministère du Commerce. Comment éviter le blocage des marchandises à la douane ' Comment entamer la procédure de transfert de paiement ' Quelle démarche adopter pour éviter les blocages des banques ' ont été des questions parmi tant d'autres abordées lors des débats. Des questions restées sans réponse, au grand dam des chefs d'entreprises spécialisées dans l'exportation. Précédant les experts du CIC, la présidente de l'association Sève s'est limitée à des généralités. Elle aurait pu apporter un plus à cette rencontre si son approche des tenants et aboutissants de la bureaucratie dans notre pays n'avait pas été biaisée et ambiguë comme pour ménager certaines susceptibilités. Les participants se contenteront des réactions fort à propos du président de la CCI et de plusieurs intervenants excédés par les oui, mais' de certains décideurs tant du côté du ministère du Commerce que du ministère des Finances via ses institutions financières et de douane. L'on a abordé la nécessité de créer un couloir vert pour les exportateurs créateurs de richesses et d'emplois, du blocage constant appliqué par les douanes contre les petits exportateurs, des bureaux off-shore mis en place par les Tunisiens en Tunisie pour arnaquer les opérateurs algériens désireux de contourner les douanes de leur pays et de la nécessité d'une plus grande transparence des exportations algériennes hors hydrocarbures. Que sont devenus les 60 millions de dollars d'aide accordée à l'Algérie par l'Union européenne pour le développement de ses exportations hors hydrocarbures, s'est interrogé l'un des participants à cette manifestation. Précisant que cette aide a fini dans les caisses des bureaux d'études étrangers, il a ajouté : « Je devais signer un contrat avec des Congolais pour l'exportation de mes produits au Congo. Pour un problème de document bloqué par la douane, j'ai tout perdu. Le comble, c'est que quelques mois plus tard, ce pays bénéficiait d'une importante aide financière de l'Algérie. Elle a servi au Congo à payer les exportations des produits que je devais lui vendre».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Djabali
Source : www.lnr-dz.com