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Les dommages collatéraux de la crise



Les dommages collatéraux de la crise
Un programme, est-il besoin de le rappeler, créateur d'emplois et source de réinsertion des commerçants ambulants pour ne citer que ceux-là qui sévissent dans l'informel.La nouvelle est tombée de façon lapidaire, presque à la sauvette. Incidemment, le secteur du commerce révèle que pas moins de 201 marchés couverts, sur les 291 prévus au titre du plan quinquennal 2015-2019, sont mis aux oubliettes, faute d'enveloppes financières en ces temps de crise induite par la baisse des prix du pétrole.C'est ce qui me rappelle opportunément les propos d'un responsable qui harcelait ses collaborateurs pour «inscrire, en 2009-2010, le maximum de projets» en études et réalisations, les engageant à ne jamais oublier la période de vaches maigres que furent les années 1980, lorsque les capitaux vinrent à manquer pour concrétiser les grands chantiers de l'Etat comme le métro d'Alger, par exemple.Pour autant que fut dommageable son comportement, il avait raison sur bien des plans et il fut exemplaire en matière de travail et de détermination, dans les efforts en pleins chantiers comme dans les financements. Et on aurait bien aimé que ce soit l'attitude générale, avant que ne frappe de plein fouet, comme on dit, cette crise qu'on présente, volontiers, comme surprenante alors que l'expérience enseigne qu'elle était prévisible. Du moins, devait-elle l'être pour tous les «planificateurs» qui planchent sur les budgets d'équipement.Ainsi, les 201 marchés programmés dans le cadre du plan 2015-2019 ne verront pas la couleur des 10 milliards de DA que l'Etat entendait allouer aux collectivités locales pour en finir avec les marchés illicites, d'une part, et pour améliorer les circuits de distribution des fruits et légumes, ensuite. Un programme, en théorie est-il besoin de le rappeler, créateur d'emplois et source de réinsertion des commerçants ambulants pour ne citer que ceux-là qui sévissent dans l'informel. Un travail considérable avait été engagé depuis bientôt deux ans par le ministère de l'Intérieur pour résorber ce type d'activités commerciales et, disons-le, des progrès tangibles ont été observés dans bon nombre de grandes villes du pays, à commencer par la capitale. Cette oeuvre, difficile par ses implications humaines et sociales, a eu pour mérite substantiel de baliser la voie au Trésor qui aura ainsi récupéré un certain nombre de redevances, distraites pendant des décennies de leur champ régalien.Le fait de concéder un «gel», en fait synonyme d'abandon de multiples projets témoigne de la situation des chantiers futurs, désormais précaires et révocables en fonction du jeu de yo-yo dont dépend l'unique richesse du pays. Il y a quatre ans à peine, d'autres projets relevant du plan précédent ont été également jetés aux orties. C'est le cas du tramway de Annaba, qui reste, jusqu'à preuve du contraire, la quatrième ville du pays. Bien des justifications ont été brandies, comme celle de vouloir absolument défigurer le Cours de la Révolution mais on se doute des motivations latentes qui ont concouru à de tels choix que les citoyens observent sans rien dire, ce qui ne veut pas dire qu'ils n'en pensent rien. Reste à croire que, dans ces jugements à la Salomon, l'arbitrage relève d'une décision rendue par un comité du même nom, au fait de tous les arguments favorables ou contraires. Car il n'y a rien de plus dommageable que l'opacité qui préside, souvent hélas, à bien des initiatives dont on contemple les effets néfastes au niveau des collectivités locales, depuis des décennies.
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