Les wilayas de Annaba, Tarf et Skikda sont le point de rencontre de tous les trafiquants et contrebandiers. Produits de la mer dont le corail, carburants, armes et devises, drogue, tout passe. Tant et si bien que les contrebandiers et les trafiquants organisés en réseaux ne se cachent plus pour opérer.
C'est le cas à Annaba où est venu se greffer le pillage de nos côtes qui, impunité oblige, s'est transformé en une activité «légale». Pillage mais aussi émigration clandestine puisque depuis l'affaire des 20 harraga dont une femme qui, en juillet, avaient réussi à atteindre les côtes italiennes, les tentatives se sont multipliées avec succès. Celles dont les auteurs ont été interpellées ces dernières semaines et dont les garde-côtes se sont faits l'écho représentent une infime partie comparativement aux dizaines d'opération du genre. En fait, les traversées clandestines sont la face cachée de l'iceberg. Le pillage des côtes algériennes en révèle un des aspects. Il est le fait de braconniers qui ne se cachent plus pour s'adonner à la destruction systématique des zones poissonneuses. Ils le font au vu et su de tout le monde durant la période d'interdiction programmée annuellement de mai à août et censée être propice la reconstitution des ressources animales. Pis, selon nos sources proches du milieu des pêcheurs, le pillage s'opère tout le long de nos 1 200 km de côtes. Il ne semble pas inquiéter outre mesure les autorités concernées. A Annaba, Tarf, Skikda et Jijel, il est devenu normal de voir défiler au port ou mouiller à quelque miles des embarcations de pêche dont des chalutiers. «Qui oserait contrôler et encore moins interpeller les propriétaires de ces chalutiers qui pillent nos côtes. Pourtant, les propriétaires sont connus pour être de grosses pontes du pouvoir», avouera sous le sceau de l'anonymat un des patrons pêcheurs questionné sur le site du port de pêche la Grenouillère à Annaba. Le manque de surveillance et l'incompétence dans le suivi des opérations en mer, révèlent la gestion peu reluisante des structures en charge de la sécurité de nos frontières maritimes. Ce petit monde somnole dans des bureaux occupés par des chefs de baronnie sélectionnés en fonction de leur ancienneté, incompétence et immobilisme. «Personne n'est responsable de rien. Pour peu que quelqu'un tente de dénoncer une situation préjudiciable à notre pays ou à notre économie, il est aussitôt fiché. Par la suite, il fera l'objet de représailles», se plaît-on à répondre à chaque fois qu'est abordée la tendance à la proportion de plus en plus importante que prennent le trafic et la contrebande ainsi que le pillage de nos côtes. «Vous-mêmes gens de la presse êtes confrontés aux intimidations et menaces. Il s'agit de la suite réservée aux nombreux articles sur différentes affaires de corruption. Parce qu'elles impliquent des responsables locaux et nationaux, cette suite n'est pas celle à laquelle s'attendaient les honnêtes gens. Que dire alors de ces courageux douaniers de la brigade de Guelma qui se sont retrouvés mutés dans un coin perdu. Leur tort est d'avoir accompli leur mission en procédant à la saisie de 10 conteneurs de produits illégalement importés à destination de Oum El-Bouaghi», explique désabusé un armateur apparemment très au fait de tout ce qui se passe sur le port de Annaba. C'est dire que l'absence de réaction des plus hautes autorités du pays ou des premiers responsables des structures concernées, a eu un impact négatif sur les comportements. C'est pourquoi l'on évite pratiquement les questions sur tout ce qui a trait à la contrebande, aux trafics et au pillage de nos côtes dont celui du corail. Ces actes s'ajoutent à la multiplication des opérations d'émigration clandestine dont quelques unes seulement sont découvertes par les garde-côtes comme pour couvrir le plus grand nombre qui traverse sans problème nos frontières. La mise à sac des zones connues pour être poissonnières comme le golfe de Annaba est une réalité quotidienne. L'on arrive même à se poser des questions sur l'identité du propriétaire des 3 gros chalutiers dotés de puissants moteurs amarrés depuis des mois au port de pêche la Grenouillère. La question est posée par des patrons pêcheurs dont certains, originaires des régions côtières limitrophes, n'arrivent pas disposer d'un poste à quai pour leurs embarcations. Chaque jour, au nez et à la barbe des structures chargées du contrôle des activités maritimes et de la pêche et en période d'interdiction, d'importantes quantités de poissons font l'objet de transactions. Celles-ci ne se font plus en haute mer. Mais sur les quais à l'heure où d'autres dorment profondément. Ces transactions concernent des poissons bleus, blancs, fruits de mer' pêchés dans les zones protégées. Transaction également mais cette fois-ci avec les Tunisiens sur le carburant. Surtout le fuel issu de la contrebande qui, en importantes quantités, traverse la mer à destination des côtes tunisiennes. Il y est bradé en contrepartie de quelques centaines de kilos de poissons blancs et fruits de mer.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Djabali
Source : www.lnr-dz.com