Annaba - A la une

Les banques, cet écueil infranchissable Développement de la filière tomate industrielle :



Les banques, cet écueil infranchissable Développement de la filière tomate industrielle :
De notre correspondant à Annaba :
Mohamed Rahmani

La filière tomate industrielle commence à reprendre des couleurs et à ressusciter après la réouverture des conserveries de la région et l'intérêt particulier porté à celle-ci par le département de tutelle qui a dépêché, mercredi passé, une délégation des ministères de l'Agriculture et de l'Industrie. A l'ordre du jour de cette rencontre, l'évaluation technique, faire le point sur la situation qui prévaut dans le secteur et recueillir les préoccupations des professionnels du secteur aux fins de solutionner les problèmes posés.
La réunion qui a regroupé ces responsables ainsi que les Conserveurs, le Conseil interprofessionnel de la filière, les représentants des instituts de recherche en agronomie, les directeurs régionaux des banques (BNA et Badr) a porté en premier lieu sur le cluster d'innovation, un programme de développement économique durable appliqué à la tomate industrielle.
Le docteur Ulrich März de l'entreprise allemande GIZ a animé la conférence rappelant au passage que le développement des industries agroalimentaires est l'axe majeur de la politique industrielle algérienne et représente un potentiel de création d'emplois tout en valorisant les productions régionales dotées d'avantages compétitifs satisfaisant ainsi que les besoins de consommation des ménages. La création, le développement et la gestion d'un cluster agroalimentaire en Algérie s'inspirant de l'expérience allemande en la matière et consacré à la tomate industrielle et à la datte est entrée en activité en février 2012. Ainsi l'on apprend que le cluster en question est une concentration géographique d'entreprises liées entre elles, de fournisseurs, de prestataires de services, d'industries connexes, et d'institutions associées (universités, agences de normalisation, organisations professionnelles) dans un secteur particulier qui s'affrontent et coopèrent. Selon le professeur allemand, les résultats obtenus sont probants dans la mesure où les noyaux de producteurs ont été créés, la formation pratique lancée, la coopération universitaire effective et le partenariat transformateurs producteurs mis en place avec la définition d'un plan d'action qui s'étend jusqu'au mois de mai.
Cette nouvelle approche de la filière tomate industrielle appliquée rigoureusement sur le terrain avec la collaboration et le concours des différents partenaires peut remettre sur rail le secteur et le développer durablement surtout que la coordination entre les ministères de l'Industrie et de l'Agriculture est aujourd'hui effective.
La réunion qui s'est poursuivie a donné lieu à l'intervention des Transformateurs qui ont fustigé les banques tenues pour responsables de l'échec de la politique du gouvernement visant à la réhabilitation et au développement du secteur de industriel, rappelant les décisions prises par le président de la République, les instructions du Premier ministre et celles du ministre de l'Agriculture et du Développement rural qui avaient amené dans le sillage la réouverture des conserveries suite au rééchelonnement des dettes et la prise en charge des intérêts par le Trésor public. Le ministre de l'Agriculture avait insisté sur la facilitation de l'octroi des crédits de financements mais cela n'a pas été suivi par les organismes financiers en l'occurrence les banques. «Ni la BNA, ni la Badr n'ont appliqué ces instructions, pour preuve est qu'à ce jour nous n'avons pas eu les crédits de financement pour l'année en cours alors que la campagne pour la tomate industrielle commence à Annaba au mois de janvier. Nous étouffons, nous avons besoin de cet argent pour acheter les semences, les plants en motte, les engrais, les produits phytosanitaires' Tous les Conserveurs d'Annaba qui financent les producteurs ont déposé les dossiers de crédit et attendent toujours, mais aucune réponse ne nous a été donnée. Il y a urgence si ces crédits ne sont pas accordés à temps, la campagne sera ratée et la production de la tomate s'en ressentira sûrement», a lancé un Conserveur à l'adresse des directeurs régionaux des banques.
Un autre nous dira en aparté que l'année écoulée ces crédits avaient été mis en place au mois de .. juin ! C'est-à-dire bien après le lancement de la campagne tout en nous informant que les dits crédits ont une validité de 2 à 3 mois et si au bout de cette période ils ne sont pas consommés, ils sont automatiquement bloqués. Ce qui pénalise sérieusement les conserveurs qui de ce fait ne peuvent pas payer les personnels, la Cnas, les impôts et autres frais. «Cette situation nous oblige à brader notre production pour pouvoir faire face à ces dépenses en plus du remboursement des crédits, une situation dont nous sortons déficitaires à la fin. Cela ne peut plus durer.
D'un autre côté, la conserverie ne s'occupe pas uniquement de la transformation de la tomate, il y a aussi la confiture, la «Harissa» et les jus, il nous faut des crédits qui s'étalent sur toute l'année pour nous permettre de travailler dans une aisance financière qui réduit sérieusement les problèmes auxquels nous sommes confrontés. Avec ces crédits limités dans le temps, on ne peut pas aller bien loin. Les banques décident ce qu'elles veulent. A titre d'exemple, je peux vous citer quelque chose d'inadmissible ; une conserverie qui a un chiffre d'affaires qui se compte en milliards ne dispose pas de chéquier délivré par la banque pour pouvoir disposer de son crédit, pour payer la moindre facture même pour un montant de 2 000 DA, le gérant de la conserverie doit tout abandonner pour se déplacer à la banque, attendre qu'on veuille bien lui délivrer un chèque de banque pour lequel celle-ci perçoit 700 DA, c'est de l'arnaque. On vous accorde un prêt dont vous ne disposez pas puisque vous êtes considéré comme mineur, le tuteur c'est la banque qui tient une comptabilité parallèle de votre entreprise et qui vous somme plus tard de rembourser. Cela ne peut plus durer», conclut-il.
Concernant la production et la récolte, un autre conserveur soulèvera le problème de la main-d''uvre. Il dira que les ouvriers agricoles sont rares et que même si on en trouve, ils sont chers, la solution serait la mécanisation par l'acquisition de repiqueuses et de récolteuses. «Il faudra nous faciliter l'octroi des crédits pour l'acquisition de ces équipements d'autant plus que l'Etat accorde une subvention de 40 % pour l'achat de ces matériels.»
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)