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Les anciennes dénominations reviennent à Annaba Toponymie des rues



Photo : Riad
De notre correspondant à Annaba
Mohamed Rahmani

Les rues sont devenues anonymes à Annaba, rendant difficile l'orientation pour tout visiteur voulant rejoindre une adresse quelconque. En effet, les plaques bleues ont disparu de la plupart des rues et artères de la ville et aucun autre repère ou panneau indicateur ne renseigne sur la toponymie des lieux, obligeant le visiteur à demander aux passants son chemin pour rejoindre tel ou tel endroit. Une situation qui dure depuis plus d'une dizaine d'années sans que les autorités locales ne réagissent pour rétablir l'ordre normal des choses. Le problème est que ces plaques existaient bien et étaient fixées au bon endroit, comme stipulé par la réglementation, mais celles-ci avaient disparu suite aux travaux de réfection et de ravalement de façades des commerces établis au niveau de ces rues. A titre d'exemple, la rue Ibn- Khaldoun (ex-Gambetta) ne comporte plus de plaques aux deux extrémités et tout le monde est revenu à l'ancienne dénomination, c'est-à-dire «Rue Gambetta», pour désigner cette rue. Une aberration dans un pays indépendant depuis plus d'un demi siècle, puisque une des rues principales de la 4e ville d'Algérie porte le nom d'un fervent supporter de la colonisation. Léon Gambetta justifiait la colonisation française par les valeurs de l'humanisme et du devoir, il disait en l'occurrence : «Pour reprendre véritablement le rang qui lui appartient dans le monde, la France se doit de ne pas accepter le repliement sur elle-même. C'est par l'expansion, par le rayonnement dans la vie du dehors, par la place qu'on prend dans la vie générale de l'humanité que les nations persistent et qu'elles durent ; si cette vie s'arrêtait, c'en serait fait de la France.» Ibn Khaldoun, ce grand historien, philosophe et diplomate auteur de La moukaddima (Les prolégomènes, traduit en plusieurs langues) est «écrasé» chez lui, la plaque portant son nom a disparu.La rue Larbi-Tebessi, révolutionnaire, réformiste algérien et président de l'association des oulémas a elle aussi subi le même sort : aucune plaque, aucune forme de référence à l'illustre personnalité qui a marqué l'Histoire de l'Algérie. Là encore on est revenu à l'ancienne toponymie à savoir la rue Bouskara. Une appellation française qui défie l'Histoire et se maintient dans les mémoires.La cité Didouche-Mourad, nom utilisé uniquement par l'administration pour désigner le quartier Les Lauriers Roses, appelé ainsi du temps de la colonisation par le fait que sur les lieux végétaient des milliers de ces plantes (et dont quelques unes subsistent encore à l'entrée dudit quartier), est elle aussi connue sous ce nom, parce que l'administration n'a pas posé de plaques désignant l'endroit. Seules rescapées de cette «désorientation» et de cette négligence assassine de l'Histoire les rues Asselah Hocine, de l'ALN, et le boulevard du 1er- Novembre. La Colonne, Place D'Armes, Beau Séjour, La Menadia, Saint Cloud, Chapuis, Les Allemands, les Hongrois, autant de noms qui perdurent dans les mémoires et qui sont consacrés par l'inconscience.
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