Les reproches du wali adressés aux élus communaux, particulièrement ceux du chef-lieu de la wilaya de Annaba, sont amplement justifiés.
La plupart de ces élus sont davantage sensibles aux considérations politiques qu'aux problèmes socioéconomiques auxquels sont confrontés leurs administrés. Telle est l'interprétation faite du constat de Mohamed Ghazi, wali d'Annaba. Un constat qu'il a dressé mercredi en marge de la cérémonie d'installation et de fin de mission de cadres membres de l'exécutif. Soulignant les exigences que leur impose leur qualité d'élus, le wali a estimé que ces derniers sont à l'origine de l'état permanent d'insatisfaction de la population et que celle-ci est en bonne partie justifiée dans le domaine de la prise en charge de son quotidien. A ce niveau de constat, il est démontré qu'au niveau de la commune du chef-lieu de wilaya, les élus préfèrent ménager les susceptibilités politiques plutôt que de s'en tenir à leur mission de représentants du peuple. Surtout que le Trésor public n'a pas lésiné sur les moyens financiers pour répondre aux attentes des habitants. Le budget annuel pour 2011 d'un montant de 3 milliards de dinars dont a bénéficié la seule commune d'Annaba en est révélateur. Il a fait rêver les responsables de la mairie de Saint-Etienne (France) avec laquelle elle est jumelée lors de leur dernière visite. En outre, figurant sur la liste des plus anciennes communes d'Algérie, Annaba dispose d'un attirail d'instruments de gestion bien rodés. Sans le remettre en question ou l'enrichir, les élus lui ont préféré un modèle périmé comme l'est du reste le parti politique majoritaire. Le commun des citoyens ne cesse de s'interroger sur l'absence d'intervention d'économistes dans la gestion de leur ville et le pourquoi du non-affichage des délibérations. Questionnement aussi sur les rares compétences existantes qui se sont laissées entraîner, à leur corps défendant, sur le terrain douteux des contradictions politiques de ceux qui les dirigent. Sous d'autres cieux, à l'exemple des villes étrangères avec lesquelles Annaba est jumelée (France et Afrique du Sud), les élus établissent des diagnostics et dégagent des solutions aux problèmes de gestion. A Annaba, les rôles ont été inversés pour céder aux sollicitations des affinités ou à une conjoncture défavorable. En se prononçant sur l'ensemble de ces aspects, en pointant un doigt accusateur sur le président de l'APC d'Annaba et en dénonçant le dilettantisme des membres de cette même APC, Mohamed Ghazi a fait la part des choses. Il faut croire que la vision réductrice à l'excès ajoutée à une gestion incertaine des affaires communales, le tout enrobé d'une absence de prévisions, ont mis en évidence l'incompétence des élus d'Annaba. C'est pourquoi l'on s'interroge sur ce qui empêche le wali de recourir aux prérogatives que lui confèrent les lois de la République telles que celle qui lui permet de prononcer la dissolution d'une APC défaillante. Sa relative indulgence a étonné plus d'un. La population estime que ce manque de réaction rigoureuse de la tutelle va à l'encontre du développement socioéconomique de la wilaya. «les élus sont en fin de mandat et cette indulgence va se transformer en nécrose. Elle a notamment perturbé le fonctionnement des services communaux», estiment des citoyens. Il faut dire que depuis son installation à la tête de la wilaya en 2008, le wali d'Annaba s'est limité à blâmer verbalement les élus, alors qu'il aurait fallu trancher dans le vif pour prétendre redorer le blason terni de la 4e ville d'Algérie dont les armoiries sont méconnues de ses propres élus. Et comme pour mettre un bémol à ses reproches, Mohamed Ghazi a exprimé sa satisfaction des efforts consentis par les services de sécurité, tous corps confondus, pour assurer la sécurité des biens et des personnes. Se référant à des statistiques qui lui ont été transmises, le premier magistrat de la wilaya a révélé que depuis le début de cette année, 15 000 personnes ont été présentées devant la justice. Elles ont été interpellées lors des opérations de contrôle pour des méfaits dont elles se seraient rendues coupables. Etat alarmant de l'environnement, inefficience de l'éclairage public et du réseau de voirie, mauvais état des routes en milieu urbain forment quelques-unes des caractéristiques actuelles de la ville qualifiée, à une certaine époque, de coquette par les poètes. Ce qualificatif est aujourd'hui galvaudé par des plumitifs méconnaissant totalement l'histoire de Hippone, Bouna, Bône Annaba. Mohamed Ghazi s'est aussi attardé sur les attroupements auxquels s'adonnent quelques dizaines de personnes des deux sexes devant le siège de la wilaya. Il faut dire que ce lieu est quotidiennement assiégé par des groupes de personnes. Les uns réclamant un logement auquel, selon le wali, ils n'ouvrent pas droit, les autres demandent un poste de travail qu'ils refusent d'occuper lorsqu'il leur est proposé.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A D
Source : www.lnr-dz.com