
C'est dans le service opérationnel de l'armement, dirigé par Abdelhafid Boussouf, que l'auteur se fera remarquer par ses supérieurs. Sans jeu de mots, c'est là qu'il fera véritablement ses armes.Décédé en février dernier, l'ancien directeur général de la Sûreté nationale aura laissé pour la postérité un exposé qui devrait aider les générations futures à connaître un pan entier de l'histoire nationale de la logistique militaire. Conscient de son devoir, l'auteur Abdelmadjid Bouzbid, homme discret de nature, a d'emblée justifié en introduction de son livre-témoignage : La logistique durant la guerre de Libération nationale : ce que je sais, les raisons pour lesquelles il a bien voulu retracer certains faits historiques qui ont conduit à l'indépendance du pays : "Le livre reste le véhicule le plus adapté pour transmettre la mémoire et assurer la pérennité de l'histoire en estampillant les événements et les hommes qui les ont vécus." Connu en outre pour sa modestie, l'auteur s'est adonné dans cet ouvrage à une courte autobiographie, un exercice qu'il réprouve particulièrement, à savoir parler de lui-même. Né le 15 juillet 1931 à Annaba, Abdelmadjid Bouzbid est un militant de la première heure, c'est-à-dire un membre actif du Parti du peuple algérien (PPA), et ce, dès 1947 avant de rejoindre le MTLD en 1948. Il devient ensuite membre actif de l'Organisation spéciale (OS) en 1949. Arrêté et incarcéré le 25 mars 1950 par les forces coloniales, il sera poursuivi dans le fameux procès du "Complot de Bône". Mineur au regard de la loi de l'époque, il est condamné à un an de prison ferme avec interdiction d'exercice de ses droits civiques. De 1954 à 1957, il active dans le massif montagneux de l'Edough correspondant à la zone 2 de la Wilaya II avant qu'il ne soit gravement blessé et évacué en urgence vers l'hôpital Habib Thamer à Tunis. Dès qu'il fut rétabli de ses blessures, il sera affecté aux services extérieurs de la Révolution, précisément à Tripoli. C'est dans le service opérationnel de l'armement que Bouzbid se fera remarquer par ses supérieurs. Sans jeu de mots, c'est là qu'il fera véritablement ses armes. Dès lors, il devient responsable des services logistiques à Benghazi et délégué du FLN dans cette même ville. Avec l'avènement du GPRA, il est nommé en septembre 1959 chef du centre des services d'armement et de ravitaillement pour la Tunisie avant de s'occuper de la logistique Est sous la houlette du Malg, dirigé par le défunt Abdelhafid Boussouf dit Si Mabrouk, son responsable direct. Ayant eu le privilège de rencontrer l'auteur quelques mois seulement avant son décès, il nous confiera alors sa propre définition de l'armement : "L'arme a toujours été pour l'homme un élément stratégique de défense et de puissance. En temps de paix comme en temps de guerre, elle constitue l'outil indispensable sans lequel aucune insurrection légitime ne peut être menée." Quant à la logistique, elle est pour lui "l'art militaire qui traite de toutes les activités ayant pour but de permettre aux armées de vivre, de se déplacer et de combattre dans les meilleures conditions d'efficacité". À l'indépendance, Abdelmadjid Bouzbid avait rejoint la DGSN avant d'effectuer un passage par le ministère des Affaires étrangères du 31 octobre 1964 jusqu'au 15 février 1967, date à laquelle il retourne dans les rangs de la Police nationale dont il prendra la tête de 1987 à 1990 en tant que directeur général. Il sera par la suite désigné ambassadeur d'Algérie au Mali où il œuvrera notamment pour la concrétisation du Pacte national de la paix signé à Bamako le 12 avril 1992. En 1999, Abdelmadjid Bouzbid renonce à toute activité publique et prend sa retraite.Récipiendaire de plusieurs décorations nationales, il a été nommé notamment chevalier de l'ordre national malien. Il est décédé le29 février dernier et inhumé conformément à ses v'ux aux côtés de son père au cimetière d'El- Alia, loin du "carré des martyrs" qui avait été proposé, en vain, par les autorités à la famille du défunt.Mohamed- Chérif LachichiLa logistique durant la guerre de Libération nationale : ce que je sais, édité par le Centre national d'études et de recherches sur le Mouvement national et la Révolution du 1er Novembre 1954. 301 pages - 2004.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Chérif Lachichi
Source : www.liberte-algerie.com