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Le Ramadhan derrière les barreaux



Le Ramadhan derrière les barreaux
Les familles des détenus à l'entrée de SerkadjiBien qu'ils ne jouissent pas de la chaleur familiale, les pensionnaires des prisons sont au centre des préoccupations de l'Etat qui oeuvre pour leur offrir les meilleures conditions en ce mois de Ramadhan.La chorba, symbole et tradition sacrés du mois de Ramadhan, est inévitablement présente dans le menu du f'tour dans l'ensemble des centres pénitentiaires, afin de permettre aux détenus de plonger dans l'ambiance familiale du mois de jeûne. Même servie sans le fameux «bourek», cette chorba demeure le principal plat en ce mois sacré du Ramadhan, voire le seul à faire la différence du menu du reste de l'année. De l'avis de détenus de centres de l'est du pays, après la rupture du jeûne, avec quelques dattes qui ne sont pas présentes tous les jours au menu, la soupe aux légumes parfumée à la coriandre, est le seul repas de la journée pour certains, outre les desserts. Le menu semble convenir aux détenus bien qu'il soit loin de contenir les plats traditionnels raffinés. Selon le directeur de l'une des maisons d'arrêt de la wilaya de Annaba, qui a voulu garder l'anonymat, il affirme que le repas du f'tour a été amélioré en fonction du budget octroyé par l'Etat. Soit une amélioration de valeur qui avoisine les 100 DA, exigés du reste de l'année. Le menu, selon le même responsable, est composé d'une salade variée, une chorba et un deuxième plat. Ce dernier, plat de résistance composé généralement de lentilles, haricots secs, accompagnés bien entendu de viande et agrémenté du dessert. Pour le repas du s'hour, il est proposé aux détenus du couscous, on ne peut mieux espérer, car c'est le plat traditionnel dans tous les foyers. Z.Y, incarcéré depuis 5 mois, pour avoir volé un portable qui passe son premier Ramadhan en prison, estime que l'ambiance est plutôt supportable «J'entretiens des relations fraternelles et sociales avec les autres détenus, notamment au moment de la rupture du jeûne, en petits groupes où dans les salles d'incarcération, les détenus se partagent le couffin du Ramadhan qui leur parvient de leurs familles», nous dira-t-il. Les directions des centres pénitentiaires autorisent, à titre exceptionnel durant le mois sacré, les détenus à recevoir de leurs proches le couffin de Ramadhan deux fois par semaine et ce, en plus du couffin hebdomadaire, autorisé durant toute l'année. Par ailleurs, et selon les explications fournies par la direction d'une autre maison d'arrêt, les pensionnaires n'ont pas le droit de recevoir la chorba et les autres plats faits de bouillon ou de sauce, de peur d'y favoriser l'introduction de psychotropes. Pour plus de contrôle, il est exigé des proches de couper tous les fruits et légumes susceptibles de contenir des drogues, tout en renforçant le contrôle des couffins. D'ailleurs, l'espace réservé au contrôle des couffins grouille d'agents à l'entrée. Un vigile note les noms de tous les préposés au contrôle des couffins, ainsi que les noms de leurs destinataires afin de faciliter les vérifications et les enquêtes en cas de besoin. Selon un agent dans l'un des espaces de contrôle dans un pénitencier de l'est du pays, les sauces sont bannies ainsi que les laitages qui, exposées à la chaleur, risquent de fermenter (tourner) et se décomposer. Une fois consommés, ils provoquent des intoxications alimentaires. Quant aux aliments réservés aux centres pénitentiaires, ils arrivent dans les salles d'incarcération dans des récipients qui retiennent la chaleur, peu avant el adhan d'el Iftar. Ainsi, hormis le fait qu'ils soient détenus, les locataires des centres pénitentiaires dans l'est du pays vivent le mois sacré du Ramadhan dans une ambiance tout autant que celle du reste de l'année, si ce n'est le programme de leurs chaînes de télévision interne. Un programme composé de comédie, trié à partir de différentes chaînes nationales et internationales. A défaut de regarder la télévision, les détenus ont d'autres buts et occupations nocturnes, telles la lecture, la révision pour ceux qui suivent des études ou des formations. Pour les détenus, présents pour une raison ou une autre, dans tous les centres d'incarcération de l'est du pays, ils racontent des histoires de tout et de rien. Durant la journée, les pensionnaires vaquent à leurs occupations habituelles. Ils investissent les espaces réservés aux activités culturelles, sportives et de formation. En dépit de la mise en place de toute une politique portant l'humanisation des centres d'incarcération afin de permettre au mieux la réinsertion du sujet, il demeure néanmoins que la vie familiale leur manque cruellement. De l'avis de plusieurs détenus approchés, rien ne peut remplacer l'ambiance de Ramadhan au sein de la chaleur familiale. Le plus grand châtiment, c'est l'absence de la famille qui rend la détention de plus en plus dure, notamment en cette période ramadhanesque. Un mois durant lequel les différentes directions pénitentiaires de l'est du pays veillent à l'applications des instructions du ministère de tutelle pour réunir les conditions favorables et permettre ainsi aux détenus d'observer le jeûne comme il se doit.


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