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Le poids de la stabilité, la force du devoir immunitaire



Le poids de la stabilité, la force du devoir immunitaire
L'ultime bastion de la républicanité et de la modernité ne vacillera pas. Affermi par la lutte pionnière contre la décadence à visage religieux, instrumentalisé par les apôtres invétérés de l'Algérie de Papa brandissant l'arme du fameux « devoir d'ingérence », le combat historique se décline désormais en devoir immunitaire pour assurer le sauvetage de l'héritage novembrien ancré dans les conquêtes démocratiques et néanmoins menacé par les flots tumultueux du néo-colonialisme rampant à grotesques alibis démocratiques et humanitaires du « printemps arabe » du dépeçage à la Sykes-Picot réinventé et du chaos généralisé. Des alibis qui se consument dans le refus des urnes et dans l'aliénation du libre choix des peuples auxquels se substituent la force impériale de la Toute-puissance otanienne. Sur les restes de la Libye, livrée à la loi des milices, sur les décombres encore fumants de la Syrie sommée de se plier à l'agenda occidental, et à l'ombre de la transition réussie, en Egypte et en Tunisie, toutefois confrontées au péril terroriste montant, la mystification présente au mieux une issue dramatique à l'irakienne, plombée dans une guerre confessionnelle et communautaire sans issue, et au pire la sanctuarisation à la libyenne au service des nouvelles missions de déstabilisation régionale des coreligionnaires d'El Qaïda and Co. Par glissement du centre d'intérêt stratégique, une afghanistaion en marche du Sahel n'est pas une simple vue de l'esprit. Dans notre Algérie républicaine et démocratique, forte de ses attributs de pluralisme politique et médiatique arrachés à la force de son combat, le devoir immunitaire s'impose à tous pour valider le « modèle de sécurité », sublimé par le représentant spécial du Premier ministre britannique pour le partenariat économique algéro-britannique, Lord Richard Risby, en visite, le 18 mars, à Alger. Un credo qui, incontestablement, fait vibrer à l'unisson les 6 candidats engagés dans la course à la magistrature acquis pour les uns à la nécessaire réforme de l'Etat et des institutions, pour « consolider l'unité nationale », à l'avènement de la 2e République et l'émergence d'une alternative de « l'avenir maintenant » pour les autres. Le poids inestimable de la stabilité a été revendiqué par le directeur de campagne du président sortant qui, dès la publication du programme électoral à la veille de la célébration de la fête de la Victoire, en fait la condition sine qua none pour se « mobiliser au service d'un projet de développement global créateur d'emplois et de richesses durables pour les générations présentes et futures ». Tout naturellement, le défi sahélien reste « un des axes prioritaire » qui nécessite un « renforcement de la coopération avec les pays du sahel » pour « mieux contribuer à la sécurité et la stabilité dans cette région dans le cadre de son attachement aux principes de non-ingérence, de bon voisinage et de solidarité, comme en raison de l'impact direct des développements dans la région du Sahel sur le territoire national ». Dans cette oasis de quiétude, chère au disparu Amirat Slimane perclus de longue date dans le statut d'opposant et préférant in fine, dans la tourmente terroriste rageuse, « l'Algérie (debout) à la démocratie », rien ne saurait remplacer le destin collectif immunisé par un avenir partagé de paix et de concorde nationale. Quoi qu'en disent et quoi qu'en pensent les indécrottables partisans de l'algéro-scepticisme, voire du nihilisme décapant, le processus de refondation nationale et démocratique se prévaut assurément d'un check-up de bonne conduite d'un pays « créditeur net dans le marché financier mondial », en rupture avec les années noires du chantage du FMI imposant l'ère des PAS (plan d'ajustement structurel), et rêvant légitimement d'un taux de croissance à 7%. L'approche dogmatique se propose de balayer d'un revers de la main les acquis de l'Algérie qui avance, appréhendés malencontreusement en arguments électoralistes, lorsque le bon sens invite à une évaluation sereine des chances de survie et de réussite inscrites dans le « nouveau pacte de développement et de progrès » du candidat sortant en concurrence avec les propositions inhérentes à la « stratégie nationale de développement », conçue pour « engager un processus de renouveau économique » et de sortie de la rente, le passage à une « économie sociale » garantissant la réduction des inégalités ou, encore, la défense des droits des travailleurs et des acquis populaires dont la nationalisation des hydrocarbure et la récupération des richesses nationales restent la matrice incontournable. Aujourd'hui, la locomotive de l'Algérie est en campagne pour la plupart au Sud profond interpellé par les urgences de la stabilité du Sahel, à Annaba par fidélité à la symbolique d'El Hadjar, et dans la capitale de l'« Etat algérien moderne » fondé par l'Emir Abdelkader. A voies multiples, l'?uvre de refondation pour une « démocratie apaisée » et un « développement durable » est le seul consensus qui vaille dans le fracas du siècle impérial qui commande le choix cornélien : être uni par la communauté de destin ou disparaître dans la discorde qui fait le lit des faiseurs de chaos.


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