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Le pari difficile de la sous-traitance des entreprises nationales



Le pari difficile de la sous-traitance des entreprises nationales
Les sociétés nationales algériennes peuvent grignoter quelques parts de marché par le biais de la sous-traitance dans un domaine aussi sophistiqué que les appareillages, outils de contrôle et de mesure, produits anticorrosion dans le secteur des hydrocarbures. C'est ce que nous ont affirmé des responsables lors du Salon des produits et services pétroliers et gaziers qui s'est déroulé du 3 au 6 mars à Alger. Dans le domaine des canalisations, par exemple, Moudjari, directeur commercial d'Altumet, filiale d'Annabib, spécialisée dans la fabrication, le revêtement et la commercialisation des tubes en acier soudé en spirale, nous a fait part d'un « plan de charges important avec Sonatrach et Naftal », pour les domaines de l'énergie et le transport de gaz. Altumet, dont les produits sont certifiés par des organismes US, a soumissionné en concurrence avec des sociétés turques, coréennes et espagnoles, et réussi à remporter des contrats. Il est vrai, dira ce responsable, que « la règle de la préférence nationale qui accorde 25% au produit national aide beaucoup les entreprises algériennes à faire face à la concurrence étrangère qui souvent fait appel à des subterfuges pour casser les prix ». La volonté des pouvoirs publics de protéger le produit national et le secteur productif face à de telles pratiques est « une réalité qu'il ne faut pas négliger », d'autant plus que, toujours dans le souci de préserver l'outil national, le cadre juridique est renforcé encore par « l'adoption dans le code des marchés publics du gré à gré au profit des entreprises nationales », explique le directeur commercial d'Altumet. Cette dernière, à l'instar de beaucoup d'autres entreprises publiques d'ailleurs, comme la SNVI et Sider, a bénéficié d'un « programme important de renouvellement et de mise à niveau de son outil de production pour améliorer son produit et satisfaire la demande nationale », tient-il à souligner.Des produits sophistiqués difficiles à produire localement Inerga, autre entreprise partenaire du secteur des hydrocarbures et impliquée dans la réalisation des infrastructures énergétiques, a 90% de son plan de charges dans la réalisation de plateformes pour les centrales électriques. « Douze projets de ce type sont pris en charge actuellement à travers tout le territoire national », explique Amine Benhassir de la direction commerciale d'Inerga. L'entreprise a pris en charge également « les stations-services Natfal, les aires multiservices sur l'autoroute Est-Ouest dont certaines ont été livrées et sont aujourd'hui opérationnelles, les bases de vie, l'unité de montage de tramway d'Annaba... », poursuit notre interlocuteur. Ce qui est valable pour le public, l'est également pour le privé. El Sewedy, une société égyptienne installée en 2006 et qui a démarré ses activités en 2008, produit des câbles électriques basse, moyenne et haute tension ainsi que des transformateurs. Elle a pour « partenaire principal Sonelgaz et participe régulièrement à ses appels d'offres », fait savoir son directeur commercial, Hachem Nasr. « Il y a un dispositif d'encouragement de la production nationale mais il y a aussi le dumping de nos partenaires ?qui ne présentent pas forcément de bons produits?que nous redoutons fortement ». Mais, ajoute Hachem Nasr, « nos produits sont de haut de gamme et cela nous rassure ». « Un partenaire allemand nous a même passé commande pour ses projets au Chili », déclare-t-il satisfait. Toujours dans le secteur privé, la STI, spécialisée dans les accessoires de pipes, l'énergie, les télécommunications, importe l'essentiel des besoins qui ne peuvent être satisfaits localement. « Produire ou s'approvisionner localement auprès de Catel (EPE) pour la fibre optique, par exemple, nous fait gagner du temps et de l'argent aussi », précise Abderrahmane Choukri, responsable commercial. STI fait à ce titre dans la production localement de certains produits, à l'image des anodes au magnésium qui protègent les canalisations de la corrosion. Ils étaient, précise ce cadre, « importés auparavant de Chine et du Canada à des prix prohibitifs ». Sur une gamme de 600 produits STI, une dizaine est fabriquée localement. Mais l'option de la production n'est, toutefois, pas à la portée de tout le monde, comme l'explique un responsable d'Atlas Fluides, car certains produits représentent un créneau sensible, celui des vannes et pompes pour l'industrie du pétrole et du gaz et de l'hydraulique. L'entreprise importe pour le moment des marques allemandes et américaines. Pour ce responsable, produire localement ce type d'outillage demande beaucoup de fonds, des compétences techniques et de la recherche. « Ce sont des produits sensibles et sophistiqués qui demandent beaucoup de moyens et de maîtrise », a-t-il précisé. Le secteur de l'énergie est un gros consommateur de produits et services pétroliers. La facture se chiffre à quatre milliards de dollars par an, rien que pour Sonatrach, soit 500.000 pièces importées chaque année pour les besoins de son plan de maintenance. Un chiffre qui pourrait doubler si l'on ajoute Sonelgaz par exemple. Il reste beaucoup à faire pour réduire ce montant en essayant d'impliquer les PME locales.


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