Mohamed Rahmani
Rien ne va plus au complexe sidérurgique d'Annaba et la situation s'est dégradée encore plus, suite au mouvement de protestation mené par le comité de participation qui rejette catégoriquement la décision d'organiser des élections pour le renouvellement de sa composante. Le conflit opposant le syndicat d'entreprise conduit par son secrétaire général M. Tahar Chaouche et les membres dudit comité a débordé et s'est «délocalisé» pour se fixer depuis trois jours devant le siège de l'union de wilaya (Ugta). Hier, ils étaient une cinquantaine de travailleurs, de syndicalistes et de membres du CP à manifester leur colère exigeant le départ du secrétaire général du syndicat d'entreprise l'accusant de complicité avec la direction du complexe pour ne pas avoir exigé de cette dernière la réintégration des travailleurs licenciés en mai 2012 suite aux mouvements qui avaient secoué alors le complexe sidérurgique et d'avoir limogé de manière arbitraire un syndicaliste qui était opposé au renouvellement du CP . Des banderoles accrochées aux portes de l'Union de wilaya, fermée vers 10 heures du matin, des dizaines de protestataires stationnés juste devant et des petits groupes qui discutent, telle était la situation hier, et apparemment au vu de ces portes closes, cela n'augure rien de bon. Le secrétaire général que nous avons contacté hier, pour avoir son avis sur ce mouvement et les revendications exprimées par les protestataires, nous a déclaré que cela était prévisible parce que le nouveau syndicat a touché à de gros intérêts : «On m'accuse de complicité avec la direction alors qu'il y a à peine 2 mois que j'occupe le poste de secrétaire général, si complicité il y a, ce sont ces membres du CP qu'il faut accuser puisqu'ils profitent de la situation depuis 2009, pour preuve -et je ne cite que cet exemple- ils ont acquis des véhicules Hyundai «Accent» année 2005 pour 350 000 DA, un prix défiant toute concurrence et pour payer ce montant ils ont bénéficié d'un prêt social de 100 000 DA et des facilités de paiement accordées par la direction pour payer ce qui reste échelonné sur 20 mois et je ne parle pas du bradage du complexe auquel ils ont souscrit. Alors pour dénoncer des complicités avec la direction, ils sont mal placés pour en parler. Pour ce qui est du syndicaliste exclu, ce dernier s'est opposé à la décision du conseil et aux directives de l'union de wilaya Ugta, nous n'avons fait qu'appliquer la réglementation prévue en pareil cas.»
Cependant les grévistes de la sous-traitance, qui maintiennent la pression en occupant les sites de production, ont quelque peu modéré leur position et selon les dernières informations la situation est en voie de règlement. C'est suite à une réunion que le wali a tenu avant-hier avec le directeur général du complexe et le secrétaire général du syndicat d'entreprise et sur insistance du chef de l'exécutif que le DG de l'usine a promis de faire quelque chose pour l'intégration de ces ouvriers. Hier, des grévistes ont accompagné le SG à l'inspection du travail d'El Hadjar pour finaliser un accord stipulant un recrutement à partir de juillet 2014, recrutement qui se fera selon les besoins exprimés et sur la base du poste occupé, l'expérience professionnelle et le niveau d'instruction du concerné.
M. R.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : La Tribune
Source : www.latribune-online.com