Des citoyens agressés au centre-ville de Annaba par des gangs, destruction et saccage de structures de santé par des individus en colère dans la wilaya de Blida, braquage avec armes à feu à la sortie d'une banque sur les hauteurs d'Alger et à proximité d'un barrage de police, autant d'exemples sur le degré d'insécurité et de violence que connaissent les agglomérations et concentrations urbaines du pays.
Ajoutons à cela les difficultés rencontrées par les citoyens pour s'approvisionner en pain ou en fruits et légumes après les fêtes de l'Aïd, dans un contexte qui n'est pas sans rappeler des situations de catastrophe naturelle ou de guerre, et l'on aura une idée encore plus précise du degré de laxisme et d'immobilisme des autorités dans la gestion de la «Cité».
En d'autres termes, tous ces exemples et bien d'autres illustrent suffisamment cette «non-gouvernance» qui caractérise les dirigeants algériens ces dix dernières années.
Face à de telles situations, où rivalisent un laisser-faire coupable et un désintérêt des responsables pour la chose publique, les citoyens se demandent où est l'Etat. Le désengagement de la puissance publique est manifeste à tous les niveaux et dans toutes les sphères d'activité. Souvent, il signifie ni plus ni moins l'abandon des citoyens aux mains de groupes d'intérêt, de mafias, de clans ou de gangs qui imposent leur diktat là où ils opèrent en toute apparente impunité, souvent confortés par une «sécurité» acquise grâce à la corruption.
L'Etat n'est plus présent pour tenter de réguler l'activité dans certains secteurs, laissant ainsi la porte ouverte à l'anarchie, au règne de la loi du plus fort, entretenant par la même la confusion et l'amalgame lorsque sont ciblés des lampistes à travers des opérations dites de répression montées à la hâte ' de la poudre aux yeux ' alors que les «barons» de l'informel, par exemple, et autres commanditaires ne sont nullement inquiétés. Mieux, ils prennent soin de se «recycler» dans d'autres activités tout aussi informelles et encore plus juteuses, ou alors coulent des jours heureux sous d'autres cieux.
Tous les Algériens se rappellent de quelle manière Abdelaziz Bouteflika, au lendemain de sa première élection, a fustigé la quinzaine de barons qui tenait l'économie ! Une douzaine d'années plus tard, le secteur informel n'aura jamais été aussi florissant et sur le point de phagocyter toute l'activité économique réelle, sans que cela ne semble gêner pour autant les gouvernants actuels.
Par contre, ce qui est le plus inquiétant, c'est l'extension de ces zones de non-droit, de l'informel qui, à terme, risque de ramener la part de l'économie réelle à sa portion congrue. On a de la peine à imaginer ce que sera alors le pays avec un Etat de non-droit, une économie informelle basée sur la spéculation'
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Reda Bekkat
Source : www.elwatan.com